
« Le train ralentissait. Bientôt, il allait s’arrêter dans la petite gare de la cité minière située entre Lens et Béthune. À travers la vitre du compartiment pratiquement vide en cette fin d’après-midi de juin, Edwige regardait défiler le paysage qui semblait s’embraser sous les doux rayons du soleil. Le train cheminait au milieu des champs que le printemps avait reverdis et que l’été n’allait pas tarder à jaunir. Au loin, quelques maisons, se pressaient autour d’un clocher pointu. Et, de façon de plus en plus régulière, apparaissaient les chevalements des puits de mine et les bâtiments, noircis par le charbon, construits autour. L’ensemble était dominé par la masse sombre des terrils. Certains – surtout les étrangers – auraient trouvé ce paysage plutôt ingrat, mais il était cher au cœur d’Edwige, fille du nord, attachée à cette terre rude et accueillante où elle était née. »
Edwige est l’héroïne du deuxième roman de Monique Vermeulin, fille du nord elle aussi. Fille des corons plus exactement, du côté de Nœux-les-Mines et du numéro 3, fille unique qui plus est, petite-fille d’immigrés polonais, elle a d’abord publié « Au bout du chemin, contre le mur » en 2007 : une belle histoire d’amour… et de chien. Attirée depuis la plus tendre enfance par la lecture, cette enseignante – professeur des écoles à Liévin, aujourd’hui retraitée – a toujours été sensible aux charmes de l’écriture. Une écriture simple et émouvante. En un mot « parlante ».
Son deuxième roman « Comme sur un nuage », toujours avec les éditions Nord Avril, est né en fait il y a vingt-cinq ans. Monique raconte qu’elle était alors enceinte et clouée au lit… Elle avait couché sur le papier une histoire inspirée d’un fait divers authentique. Malheureusement, Monique perdit l’enfant qu’elle portait et son manuscrit se retrouva au fond d’un tiroir. La vie passa avec ses joies – l’adoption d’un enfant en Pologne –, ses peines – la mort d’un mari à 39 ans – et ses cycles ! Un quart de siècle plus tard, Monique Vermeulin a ressenti le besoin de ressortir son « premier jet ». Elle n’a touché à rien, ni aux personnages ni aux lieux, modifiant simplement certains dialogues en apportant une touche de patois. En bonne fille du nord.
Six cents pages autour d’Edwige et Michel. Petit résumé : la fille du mineur de fond a terminé ses brillantes études et se retrouve dans le Midi où elle tombe amoureuse d’un fils à papa. Les deux tourtereaux, victimes d’une machination, sont séparés. Des années après, Michel découvre les preuves du complot. Reverra-t-il son amour de jeunesse ? Suspense. Un suspense complet d’ailleurs pour la rédaction de L’Écho du Pas-de-Calais qui a reçu un exemplaire avec deux pages blanches… les deux dernières avant l’épilogue !
L’écriture est toujours aussi parlante, les personnages sont bien campés. Et Monique Vermeulin excelle quand elle évoque les corons... perdant leur âme au milieu de ces années quatre-vingt. « I’vont tout canger. I’vont même fout’ches cabinets et pis l’salle de bains dins l’mason. Et pis, i’vont met’des radiateurs qui march’tent au gaz. Non mais, té t’rinds compte, un mineur qui pourra pus s’cauffer avec sin carbon ! Ar’marque, i’y en a d’aut’ qui dise’tent qu’i’y a pus d’carbon… In tout cas, j’sais pas dù qu’in va ! » Des corons au Midi, du cirrus au cumulonimbus, « Comme sur une nuage » se lit comme sur des roulettes, sans prise de tête et le cœur grand ouvert.
Monique Vemeulin-Blach est partie à la rencontre de ses lecteurs. Elle sera ce samedi 28 novembre 2009 à partir de 9 h 30 à la maison de la presse de Bully-les-Mines, le samedi 5 décembre 2009 à 15 h au Cultura d’Hénin-Beaumont, le dimanche 6 décembre 2009 au Marché du Ch’ti à Cambrin, le dimanche 13 décembre 2009 à 15 h au Furet du Nord à Lens, la samedi 19 décembre 2009 à la maison de la presse de Nœux-les-Mines, le samedi 9 janvier 2010 au Furet du Nord à Béthune, de 15 h à 17 h 30.
Chr. D. / Image : Éditions Nord Avril
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