Depuis les Journées du patrimoine en septembre dernier et jusqu’au 12 décembre 2010, la chapelle Saint-Pry à Béthune – nouveau lieu d’exposition du musée d’ethnologie régionale – accueille une exposition temporaire intitulée : « Des corps, des fins » qui met en valeur la capacité de l’Homme à donner un sens à une réalité taboue : la mort ainsi que les pratiques qui l’accompagnent ; en replaçant les objets rituels, artistiques et religieux dans leur contexte culturel et historique.
Les œuvres sélectionnées proviennent des collections du musée béthunois (25 000 pièces) ou ont été prêtées le musée des Augustins d’Hazebrouck, les musées des Beaux-arts de Valenciennes et Calais ou encore le musée Quentovic d’Étaples.
Du traditionnel crucifix à l’impressionnant corbillard, en passant par quelques ex-voto, c’est un cheminement sur l’histoire de la mort et de l’homme face à la mort qui est retracé. Le musée d’ethnologie régionale, à la base de ce projet, a reçu l’aide de l’anthropologue Émilie Jaworski et de la photographe Anne-Charlotte Malempré. Les portraits et les clichés funéraires contemporains occupent une place importante au sein de l’exposition mais elle s’appuie aussi sur quelques tirages de plaques de verre photographique réalisées par Kasimir Zgorecki, le mineur polonais devenu photographe qui a accumulé des milliers de plaques consacrées à la communauté polonaise entre 1924 et la seconde guerre mondiale.
La mort a toujours occupé une place prépondérante. Devant elle, et pour l’une des rares fois, l’Homme est à égal niveau avec ses semblables. Ce sont les rapports établis avec la mort qui ont aussi permis aux hommes de déterminer les cultures et civilisations. Cependant, suite aux bouleversements sociaux du XXe siècle, l’image et le rapport à la mort ont changé, la place qu’elle occupe dans notre société également. À ces modifications s’ajoutent les us et coutumes d’autres civilisations comme celles du Mexique qui sont évoquées dans cette exposition et dont les pratiques funéraires colorées divergent profondément des nôtres.
C’est en mêlant le tragique à l’insolite que « Des corps des fins » propose d’aborder la mort à travers l’observation des comportements et usages qu’elle a fait naître et qui rythment notre quotidien.
Une lecture dynamique de la région
Le musée d’ethnologie régionale à Béthune est aujourd’hui partagé sur deux sites. Le premier renferme les collections, le centre de documentation et l’administration. Le second est dédié aux expositions temporaires et idéalement positionné en centre ville. Le musée recueille, analyse et restitue le capital de vie d’un territoire : le Nord – Pas-de-Calais dont le temps n’est pas une composante stricte et figée. Au contraire, il participe pleinement à une lecture dynamique de la région. Les domaines de l’archéologie, de l’ethnographie et de l’art brut ont été associés dans une même réflexion. Pour l’anthropologie régionale, plus de cinquante thèmes font l’objet de recherches dans des domaines aussi divers que l’environnement géographique, les activités agricoles, artisanales et industrielles ou encore la vie sociale…
Des programmes d’étude, élaborés en fonction de ces grandes thématiques, permettent de constituer les fichiers d’enquêtes, base d’archivage des informations. C’est au sein de ces derniers que le musée puise ensuite les données utiles. Ces dossiers sont également accessibles à d’autres chercheurs et même aux demandes individuelles.
Le conseil scientifique du musée, les conférences, les publications, les expositions temporaires et itinérantes rendent régulièrement compte de ces travaux et permettent le développement de partenariats durables. Le musée d’ethnologie régionale travaille aussi en liaison avec des organismes scientifiques, des universités. Par le biais d’expositions temporaires, de conférences, les « café-ethno », de publications : « la collection des Documents d’Ethnographie Régionale », le journal « l’Indigène »… il s’efforce d’ouvrir ses activités au plus grand nombre. L’établissement valorise ses collections auprès de tous les publics et s’implique à donner les clefs d’une meilleure compréhension de la société avec et pour ses visiteurs – citoyens.
Chapelle Saint-Pry, rue Saint-Pry, ouverte tous les jours de 14 h à 18 h sauf le mardi et les jours fériés.
SR : echo62.com
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