![]() |
| Janine Busson (à gauche), en compagnie d'une représentante d'une association. |
Du côté de Wimereux, « Madame dix jours sans écran » c’est Janine Busson, la présidente de l’association « Enfance-Télé : danger », bien connue des 460 élèves des écoles Fournier et Pasteur avec lesquels elle a lancé depuis 2009 le « Défi des dix jours sans écran ». Pour cette troisième édition, après les pertinentes observations des enseignants et des parents, et une visite dans chacune des vingt-six classes concernées, la formule a été simplifiée afin de la rendre plus attractive. Plus facile à mettre en œuvre.
Résultat, les activités de substitution (pour remplacer le temps passé devant les écrans) proposées pendant ces dix jours, du 21 au 30 mars, par une quinzaine d’associations partenaires, ont connu une fréquentation plus importante que lors des années précédentes. Notamment le concours de soupes réunissant une quarantaine de participants dans une ambiance conviviale et avec une dégustation à la clé. Même chose pour des rendez-vous comme le tir à l’arc, le football, le roller, la découverte du théâtre ou de la lecture… « Le gain est immédiat. Des mamans sont venues nous remercier car on les aide à mieux gérer leurs enfants. Depuis le début des dix jours, certains travaillent mieux à l’école, sont plus sages, ne répondent plus, participent à la préparation du repas » rapporte la présidente qui cite aussi le cas d’un garçon ayant profité du défi pour discuter avec sa grand-mère… c’était la première fois.
Des résultats qui confortent Janine Busson, ancienne enseignante elle-même, dans le combat qu’elle mène depuis seize ans contre la dangerosité des écrans sur la santé des enfants qu’ils soient de télé, d’ordinateur, de console vidéo et même de téléphone portable. D’abord par les images violentes qui y sont omniprésentes, les incitations à la consommation par de nombreux spots publicitaires (soixante sur une chaîne télé, un seul mercredi matin, jour des enfants), le temps passé devant ces écrans… Tout cela avec pour conséquence des troubles du sommeil, des problèmes de comportement, une baisse de l’attention en classe… « Une heure par jour c’est raisonnable, deux c’est déjà beaucoup, au-delà de trois, la télé modifie le comportement des enfants et ados » insiste la présidente.
Ce combat a conduit Mme Busson à faire partie du Cofrade (Conseil Français des Associations pour les Droits de l’Enfant) et d’en être la représentante depuis peu au sein du CIEME (Conseil Inter-associatif Enfance Média Éducation) « où j’aurai à cœur de faire progresser la protection de l’enfance dans les médias, de faire bouger les choses, de lutter contre la maltraitance audiovisuelle, d’agir auprès des défenseurs des enfants… ». Elle compte d’ailleurs multiplier les interventions auprès du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) qu’elle juge un peu trop timide dans ses mises en garde auprès des familles grâce sa casquette du CIEME « véritable interface entre les familles, les médias, les pouvoirs publics, les chercheurs afin de promouvoir la socialisation des enfants et des ados à l’heure du multimédia ».
Janine Busson poursuit aussi sa mission d’information un peu partout en France où elle donne des conférences en rappelant inlassablement son message. On lui demande même une intervention en Martinique. Mais elle aimerait aussi que le « Défi des dix jours sans écran » organisé par son association fasse école, notamment dans le Pas-de-Calais. Avis aux amateurs !
Association « Enfance-télé : danger », BP 74, 62930 Wimereux. Site internet : http://enfanceteledanger.free.fr, courriel : enfanceteledanger@hotmail.com
Texte et photo : B. Q.
URL courte : www.echo62.com/actu3056
