
« Les Trois Mousquetaires étaient bien quatre, non ? » La première question qui brûle les lèvres en rencontrant Libertrio est de savoir pourquoi Bernard Sergeant, Raphaël Limousin et Philippe Decomble ont admis un quatrième élément. « Nous voulions faire un disque en trio, mais des répétitions avec le batteur – Franck Marco – l’ont finalement imposé », explique Bernard, le guitariste. Le CD est tout frais. « Du vent dans les cordes » : un titre idéal pour nos trois « mousquetaires » originaux qui depuis dix ans marient accordéon et guitares. Heureuse union bercée par la valse, le swing, le tango. Pas de doute : « le groupe a un son » et les nombreux concerts donnés à travers la région l’ont « aiguisé ».
Le « son Libertrio » saute aux oreilles dès la première écoute du disque. « Nous avons pris le temps de le faire, commente Bernard. Enregistrement en pédale douce à la maison, par un passionné (Jean-Luc Delnoy). Mixage efficace chez Feeling à Tourcoing. Mastering très pointu à Bruxelles. » Douze titres, un enchaînement parfait. « On a pris des choses qu’on aimait », assure Bernard. Si Raphaël Limousin (directeur de l’école de musique de Saint-Nicolas-lès-Arras) est le compositeur attitré de Libertrio, « chacun a amené sa patte ». Rien n’est en effet « fermé » chez les mousquetaires. Inclassable musicalement, « Du vent dans les cordes » est avant tout un distributeur d’émotions. Ça commence en swinguant avec Forever où les cordes et le soufflet (de l’accordéon) rivalisent d’aisance. Amantani puis Quintes et tangos (la quinte est le 5e degré de la gamme diatonique) sont de superbes petites musiques de film… Le son Libertrio fait défiler les images, titille l’imagination. La mélodie de Valsetine est imparable tout comme le rythme de Pain perdu. Seul reprise de cet album, Libertango prend ici une dimension très rock’n’roll. Liliswing, Mirabilia, Zizanie confirment le talent des musiciens ; la force des arrangements de Raphaël Limousin. Ça fond dans les tympans comme une délicieuse pâtisserie fond dans la bouche. Avec Song for Chantal, Bernard le guitariste use sans abuser de la pédale d’expression, quitte à surprendre l’auditeur persuadé de se frotter à un orgue Hammond. Shake hand a du tonus et le CD se termine sur les prouesses de Raphaël : tous les bruitages de Tempête sur Molène ont été faits à l’accordéon. Du grand art. « Du vent dans les cordes », des cordes qui se balancent au vent. Le son Libertrio est une vraie bouffée d’air frais. Absolument pas hermétique. « Votre album c’est comme un verre en cristal, non pas pour sa fragilité mais pour son élégance et sa finesse, son contenu nous transporte, nous fait frissonner comme peut le faire un bon cru. Bon millésime à partager entre amis ou en solo, à consommer sans modération », écrit Véronique sur le blog de Libertrio. Rien à ajouter. Ah si : il faut aller les écouter « en direct » ce samedi 28 mars à 20 heures, salle Mathot à Saint-Nicolas-lès-Arras. Vous reconnaîtrez tout de suite D’Artagnan.
« Du vent dans les cordes », 15 euros, en vente chez BS Music à Arras.
Rens. Attis Production 06 14 09 35 69.
www.libertrio.unblog.fr
Christian Defrance / Photo : Libertrio
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