Pour tous ceux qui n’ont pas connu les paniers en osier, les boîtes de thon « Pompon rouge » ! Dès 2005, Benoît Lobez a pris le parti de recueillir « des témoignages vivants » autour d’un élément essentiel du patrimoine boulonnais : la mer. Chaque dimanche, La Voix du Nord publiait ainsi le portrait d’une « figure maritime », du mousse à la vendeuse de poisson, de l’armateur au docker. Portraits brossés avec une grande acuité d’esprit, une écriture très alerte. Des anecdotes, des drames, des sauvetages miraculeux, des découvertes, des carrières incroyables sur toutes les mers du globe. Une galerie de portraits qui au fil des dimanches a enthousiasmé les lecteurs, conscients de faire plus ample connaissance avec « tous ceux qui ont fait de Boulogne-sur-Mer une place maritime respectée ». Le premier port de pêche de France ! Fils d’armateur, « connaisseur exceptionnel de la pêche », longtemps très proche collaborateur de Guy Lengagne (ancien maire de Boulogne), Benoît Lobez a eu l’excellente idée de réunir cent portraits dans un livre. Ouvrage édité par ABC2E – Association Boulogne culture édition expositions créée par Claude Faye – et désormais disponible dans toutes les bonnes librairies.
La présentation officielle du livre s’est déroulée vendredi soir à l’hôtel de ville, en présence de Frédéric Cuvillier le député-maire, Guy Lengagne, Jack Lang… Tous ont remarqué l’originalité de cette « compilation », indispensable pour « transmettre la mémoire maritime ». Les élus n’ont pas manqué de souligner que la sortie de ces « Figures maritimes boulonnaises » coïncidait avec la colère des marins protestant contre la fermeture du quota annuel de cabillaud. L’histoire maritime boulonnaise est riche en luttes, revendications : Benoît Lobez n’a d'ailleurs pas oublié de rencontrer quelques vaillants syndicalistes.
Un livre à conseiller à tous les habitants du Pas-de-Calais, département où l’on sait que « les deux plus grands métiers d’homme, des métiers nobles, sont celui de mineur et celui de marin pêcheur » (phrase citée par André Peel, le toubib du « Coral Bank »). Un livre qui très souvent se lit comme un roman d’aventure, Jules Verne n’est jamais très loin ; Baudelaire non plus qui clamait « Homme libre, toujours tu chériras la mer ».
Légende : Bénoît Lobez a bien sûr mené une séance de dédicaces.
Christian Defrance / Photo : Chr. D.
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