Il y a une quinzaine d’années, Jean Ratel – qui fut un remarquable historien local de notre département – publiait « Ouragan sur la harpe », roman historique s’appuyant sur la « Petite Vendée de Pernes »… Un épisode dramatique de l’histoire du Pas-de-Calais, en pleine tourmente révolutionnaire. Rappel des faits : le dimanche 25 août 1793, au lieu de se rendre au bureau de recrutement de Saint-Pol où ils ont été convoqués, des conscrits vont à la ducasse d’Aumerval où les esprits s’échauffent. Un groupe d’une quinzaine d’hommes sillonne les rues des villages voisins, arrachant les cocardes tricolores, coupant des arbres de la Liberté, chahutant des notables… avant de se réfugier avec une petite troupe d’excités dans les bois de Bailleul-lès-Pernes et Sachin car le District de Saint-Pol a été prévenu. Et le fait divers anecdotique bascule dans l’horreur. Le Saint-Polois Augustin Darthé commissaire aux levées des hommes dans le Pas-de-Calais et Joseph Lebon, député à la Convention transforment une ducasse trop arrosée en « soulèvement contre-révolutionnaire ». Darthé fait appel aux garnisons de Béthune, Aire, Frévent, Hesdin, Saint-Omer : 6 000 hommes sont mobilisés. « L’exemple sera tel qu’il intimidera les pervers et les aristocrates jusqu’à la vingtième génération », dit alors Lebon. Trois cents « fugitifs » sont arrêtés dont beaucoup de paysans apeurés. En cinq séances, le tribunal criminel juge vingt-huit accusés pour « avoir pris part à une émeute révolutionnaire et tenté le rétablissement de la royauté ». Dix-sept hommes et deux femmes sont exécutés à Saint-Pol ; cinquante autres resteront en détention jusqu'après Thermidor…
Sur fond de « petite Vendée de Pernes », Jean Ratel avait imaginé une histoire d’amour contrariée entre le fils du bailli d’Auchel, partisan du roi et la fille du président du Club des patriotes. Dès 1998, la communauté de communes du Pernois songeait à « mettre ce roman en spectacle ». Et Philippe Armand, metteur en scène, s’y colla. Imaginant un parcours spectacle à Bours, commune « idéale » avec son donjon, ses chemins préservés et le grand parking de la discothèque ! Loin du son et lumière, « Pernois, 1793 » se veut « spectacle innovant, d’une grosse heure, sur un parcours de huit cents mètres associant théâtre de rue, vidéo, images numériques, danses, musiques traditionnelles, interventions ludiques ». Départ du Kes West avec présentation d’un petit film pour resituer le contexte historique, montée dans un autocar pour se rendre au stade où sera joué un premier tableau, puis balade à travers les ruelles de Bours pour arriver au pied du donjon, dans la salle Saint-Gérard… Dix tableaux et un épilogue : ducasse d’Aumerval, mariage secret de Pierre et Annette, arrivée du curé…
Une centaine de figurants, bénévoles, un comédien professionnel (Éric Bleuzé sera le curé) répètent depuis six mois. Et ce vendredi soir, ils nous feront plonger dans la « Petite Vendée de Pernes ».
Quatre représentations : les vendredi 27 et samedi 28 juin ; les vendredi 4 et samedi 5 juillet.
Accueil sur le parking du complexe de nuit dès 21 h ; départ du premier groupe à 21 h 30.
Tarifs : 7 euros pour les adultes ; 3,50 pour les 6-17 ans ; 6 euros pour les groupes de plus de vingt personnes.
Renseignements et réservations au 03 21 47 95 59 ou www.cc-pernois.com
SR : Chr. D. / Photo : Communauté de communes du Pernois
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