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| Une vue aérienne du site de Ruitz |
Les habitants de Ruitz ont suivi « de loin » les fouilles menées, de septembre à novembre 2009, par le Centre départemental d’archéologie sur une partie du futur tronçon de la déviation Béthune – Bruay-la-Buissière, aménagement prévu par le conseil général du Pas-de-Calais. Sur la base des prescriptions de l’État, ces fouilles ont mis en exergue, sur un promontoire dominant la vallée à quatre-vingts mètres de hauteur, une forte implantation gallo-romaine.
Les mêmes habitants pourront suivre « de plus près » les résultats des fouilles puisqu’une conférence de valorisation des découvertes archéologiques se tiendra le lundi 29 mars, à 18 heures, dans la salle des fêtes de Ruitz, sous la houlette de Jérôme Maniez, responsable d’opérations.
Le site de Ruitz a accueilli une zone d’habitation, au tout début de l’époque gallo-romaine (première moitié du Premier siècle). En effet, un réseau de fossés partiellement conservé et très perturbé par des transformations ultérieures suggère une activité liée à l’habitat. Mais la découverte majeure est d’ordre cultuel. Un temple gallo-romain (fanum), inspiré des lieux de culte gaulois a été édifié au début du IIe siècle, à proximité de la frontière des territoires de deux tribus gallo-romaines : les Atrébates et les Morins. Le bâtiment se compose de deux carrés imbriqués l’un dans l’autre : la cella et la galerie. La cella abritait la ou les statues des divinités. La galerie de déambulation permettait aux fidèles de déposer des offrandes, et de prier en procession. Le temple s’inscrit dans une cour (téménos), séparée de l’espace profane par un mur (péribole). Deux petits édifices carrés à la fonction inconnue ont également été mis au jour. Le premier, situé dans l’enceinte sacrée, pourrait être interprété comme une cella simple dédiée à un dieu secondaire. La fonction du second petit bâtiment, placé à l’extérieur, reste obscure. Aucun indice au sol ne permet d’aller plus loin dans l’interprétation.
Le temple a sans doute été abandonné à la fin du IIe siècle. Mais des indices laissent penser qu’il fut exploité jusqu’au Moyen Âge….en tant que carrière de pierre ! En effet, la forte croissance démographique du XIIe siècle, ainsi que l’emploi plus fréquent de la pierre dans la construction des bâtiments à l’époque médiévale, peuvent expliquer l’état de mauvaise conservation du sanctuaire. Le démantèlement du temple et la présence de fosses d’extraction de grès rose confirment la réutilisation des blocs de maçonnerie antique et l’exploitation du substrat local débité sur place.
La conférence sera « présidée » par le maire de la commune, Jean-Louis Adancourt. L’entrée est libre dans la limite des places disponibles.
Contact : maire de Ruitz, 03 21 52 01 07.
Pour en savoir plus : http://www.echo62.com/actu.asp?id=2504
SR : Chr. D. / Photo : Conseil général du Pas-de-Calais
URL courte : www.echo62.com/actu2675
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