Après Ti Fred il y a quelques semaines, l’Audomarois vient de perdre un autre grand défenseur du patois. Un « aragé ». André Accart est décédé mercredi dernier à l’âge de 61 ans. Ses funérailles ont eu lieu samedi à Thérouanne ; André reposant désormais au pied de la chapelle de Nielles-lès-Thérouanne. Sa chapelle. Il a en effet œuvré durant de longues années pour que ce bel édifice soit reconnu à sa juste valeur. Originaire de Wailly-lès-Arras, fils de petits cultivateurs, André Accart émigra dans l’Audomarois pour des raisons professionnelles : il avait rejoint la verrerie-cristallerie d’Arques. Il se donna à fond pour son métier, effectuant de nombreux déplacements en Amérique. Des gros problèmes de santé vinrent toutefois ternir sa carrière et le poussèrent vers l’invalidité. « Plutôt que de prendre des médicaments et des drogues, je me suis remis au patois et aux traditions populaires » avait coutume de dire ce fervent catholique, profondément attaché au terroir. Signant ADN – André de Nielles – il écrivit de nombreuses chroniques dans les journaux locaux (« Acoute à vir »), anima des soirées patoisantes à Thérouanne, des messes en patois... Il publia à compte d’auteur un grand nombre d’ouvrages : une histoire du petit train de Thérouanne, des recueils de chroniques, un dictionnaire, un flopée de dictons, une traduction de l’Évangile en patois…
Avec le comité d’histoire du Haut-Pays, il mit en place des réunions d’ethnographie dans les villages. André Accart s’attachait à glaner, décrypter, transmettre les légendes, les coutumes, les superstitions de nos campagnes ; le patois restant omniprésent. À la fin de l’année 2006, les éditions Nord Avril lui proposèrent de publier un « Dictionnaire des sobriquets des villes et villages du Pas-de-Calais ». Un vrai succès de librairie. Toujours bon et droit, parfois un tantinet obstiné, André Accart avait tracé un large sillon dans le champ du patois. Les éditions Nord Avril devraient sortir un « Dictionnaire des sobriquets de la Somme » qu’André avait bouclé avant de partir pour « ch’grand voïache ». Ses trois fils – qu’il a bercés au son du patois – promettent de reprendre le flambeau et de « partager » tout ce que leur père avait accumulé.
Christian Defrance / Photo : Chr. D.
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