Agnes Obel a épaté la galerie ce lundi soir – 11 juillet 2011 -, ou plutôt les galeries du théâtre Monsigny à Boulogne-sur-Mer qui accueillait cette artiste danoise vivant à Berlin, révélation folk de l’année. « Un ange à la voix cristalline » a souligné Patrick Dréhan, le maître d’œuvre du festival de la Côte d’Opale qui a eu la bonne idée de programmer la chanteuse et pianiste, très influencée par Joni Mitchell, Kate Bush mais aussi par Satie.
Et le public (théâtre complet) a écouté religieusement ses compositions épurées à « Satie-té » ; impressionné par sa « limpidité vocale »… Se rendant à peine compte qu’Agnes avait vécu « a difficult day », ayant presque renoncé à chanter à Boulogne à cause d’un coup de froid au festival Les Ardentes à Liège ! Fort heureusement, le docteur Sylvie Boutillier (oto-rhino-laryngologue) a fait des merveilles et cela valait bien une dédicace très personnelle. Un petit « bonbon magique » et Agnes Obel a offert une heure somptueuse aux mélomanes réunis à Monsigny, accompagnée par la violoncelliste allemande Anna Müller. La chanteuse a présenté tous les titres de l’album « Philharmonics », ajoutant une reprise de John Cale et un « traditionnel écossais ». Émotion à son comble avec le très aérien « Riverside » et sa mélodie qui reste gravée dans les tympans. Une atmosphère très nordique, comme une légère brise effleurant la surface d’un lac islandais… Et la timide Agnes expliquant – en anglais – ses chansons ; elles parlent de la solitude, des générations qui se suivent, de l’envie de vouloir dormir toute la journée, de la contemplation ! Agnes Obel ou le spleen idéal, la mélancolie ravageuse, le piano magique. Et des spectateurs enchantés, debout, pour une « Obel-ovation ».
Le festival de la Côte d’Opale se poursuit ce mardi 12 juillet à 20 h 30, à l’Hôtel du Parc d’Hardelot, avec deux autres belles voix, l’Irlandais James Vincent Mc Morrow et la sublime Yaël Naïm.
Texte et photo : Chr. Defrance
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