![]() |
| Joffrey Pollet, agent commercial et Thomas Pierre, le brasseur. |
Riche idée. Dernière née de la gamme proposée par la Brasserie artésienne, la Bon Samaritain vient au secours des amateurs de bière présentant une intolérance au gluten. Deux années de recherches techniques auront été nécessaires à Thomas Pierre, créateur d’un produit qui reste avant tout une bière de haute qualité. « Le projet Brasserie artésienne », lancé en 2007 à Auchy-les-Mines, semble être une succession de succès… la Bon Samaritain ne devrait pas déroger à la règle.
La Brasserie artésienne est heureuse de vous annoncer la naissance d’une jolie blonde, 75 cl pour 6 % d’alcool, sœur jumelle de la Saint-Glinglin et première bière française sans gluten… la Bon Samaritain n’est peut-être pas l’invention du siècle, mais pour les amoureux de la mousse ne tolérant pas cette protéine de réserve, cela ressemble bien à une délivrance.
L’idée est venue un soir de concert. Chanteur et saxophoniste au sein du groupe Lezardtésiens, Thomas rencontre Franck Vandecasteele, la voix de Marcel et son orchestre. « Nous étions programmés en première partie au festival Les Enchanteurs. Il me dit qu’il n’avait pas bu une goutte de bière depuis 15 ans, la faute à une intolérance au gluten. Je lui ai alors promis une bière sans gluten pour son anniversaire ».
« Par amour du goût »
L’intolérance au gluten, maladie digestive parmi les plus fréquentes*, ne connait qu’un seul et unique traitement : un régime strict, sans gluten et à vie s’il vous plaît. Un casse-tête quotidien pour des malades contraints de renoncer à certains aliments de base. Le gluten est omniprésent : le pain, les pâtes, la farine en contiennent… adieu biscuits donc, hamburgers, pizzas, pâtisseries et, je vous le donne en mille… la bière.
« Cela a été très compliqué », raconte l’inventeur. « J’ai mis deux ans à trouver le moyen de faire un produit sans gluten qui conserve le goût de la bière ». Car c’est là que le bât blesse, le goût. Thomas poursuit : « Il doit exister une dizaine de bières sans gluten dans le monde. J’en ai goûté certaines, ça ne ressemble pas vraiment à de la bière. La différence avec la mienne, c’est qu’elles sont brassées avec des céréales sans gluten genre riz ou sorgho ». En effet, brassée avec les ingrédients d’une bière classique avant d’être « déglutenisée » puis certifiée « sans gluten » par un laboratoire indépendant, la Bon Samaritain se révèle être la copie conforme de la Saint-Glinglin… et en terme de goût, elle en a à revendre! Ne demandez pas à Thomas comment il procède, le secret sera bien gardé.

Originalité et humilité
Lancée depuis peu (en juin), Thomas n’a pas encore de retour sur investissement, mais au regard du nombre de malades et de la qualité du produit, force est de constater qu’il y a de la réussite dans l’air. Ses deux premières créations – la Saint-Glinglin et la Weed – ont toutes deux remportées un franc succès : « Mon truc, c’est de me différencier, de réfléchir à des nouveautés. J’ai d’abord lancé la Saint-Glinglin triple, l’ambrée et la blonde ensuite, avant qu’on ne me fasse penser à de la bière au chanvre ». La Weed (« mauvaise herbe » dans la langue de Shakespeare) est une bière aromatisée de fermentation haute qui séduit par son originalité. Fruitée, légèrement épicée, flanquée d’une étiquette arborant les couleurs de la culture rastafari, la Weed a su trouver sa clientèle, rattrapant peu à peu la Saint-Glinglin en quantité produite. Avec elle, c’est l’ensemble de la production qui s’intensifie, passant de 55 000 en 2010 à 80 000 litres en 2011. Certains distributeurs du Benelux entrent même en contact avec le jeune entrepreneur, de quoi lui procurer un certain capital confiance. On est loin des débuts de la firme il y a quatre ans, des premiers essais. Pour autant, Thomas ne s’enflamme pas: « Je souhaite conserver une entreprise à taille humaine, pas devenir un géant, je préfère que ce soit la réputation qui nous fasse grandir. Je veux continuer à ouvrir moi-même les vannes, je suis avant tout amoureux du produit».
*Statistiquement, une personne sur 100 en Europe serait concernée, avec en France, seulement 10 à 20 % des cas diagnostiqués (source : Association française des intolérants au gluten).
À venir, le processus de fabrication de la bière par Thomas Pierre, le brasseur de la Brasserie artésienne.
Texte et photos: A. Top
URL courte : www.echo62.com/actu3150
