Notre Côte d’Opale a toujours séduit les peintres, de Turner à Dubuffet pour reprendre le titre du livre de Jean-Claude Lesage, sans oublier la cohorte des Américains et Australiens… Dans cette longue liste d’artistes, il faut aujourd’hui distinguer Maurice Boitel qui vint à maintes reprises près du Cap Gris-Nez peindre des barques, des mers agitées, des blockhaus. Le même Maurice Boitel fut souvent inspiré par Audresselles ; village de pêcheurs où il est décédé le 11 août 2007, dans le cimetière duquel il repose. Et le samedi 1er mars, c’est une allée Maurice-Boitel qui sera inaugurée à Audresselles. Au bord de la mer.
Né en 1919 dans l’Eure, Maurice Boitel grandit en Bourgogne, dessina dès son plus jeune âge, fréquenta les Beaux-Arts de Boulogne-sur-Mer, Amiens, Dijon et Paris. Un service militaire et un séjour de deux ans en Algérie lui permirent d’affirmer son art. Tout au long de sa carrière, il récolta un grand nombre de prix. Des amateurs américains, japonais, iraniens… achetèrent ses toiles, ainsi que l’État français ou la ville de Paris.
Très terrienne jusqu’en 1946, sa peinture devint très colorée en Algérie. De 1952 à 1965, il réalisa des tableaux très personnels : « dans ses paysages, très charpentés, les objets étant définis par des contours noirs avec quelques aplats au couteau ». De 1958 à 1965, il introduisit la lumière et les couleurs vives de la Méditerranée dans son œuvre (paysages, marines, portraits, foules sur la plage). Ensuite, il fit disparaître les contours ; utilise aussi davantage l'aquarelle. Et depuis 1980, il avait tendance à évoquer « une réalité idéalisée ». Il fut un « brillant élève » de l'École de Paris et de sa jeune peinture.
Pour la petite histoire, le cimetière d’Audresselles abrite également la tombe de Robert Beauvais, écrivain et journaliste décédé en 1982.
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