
Trente ans que ça dure ! Trente ans que les frères Lomprez entretiennent des relations très étroites avec leur public : hier des fans de cold wave ou de musique industrielle ; aujourd’hui des habitants de la planète gothic… Et demain ? Trisomie 21 – T21 désormais – est le groupe le plus atypique de la planète pop. Philippe Lomprez, Hervé Lomprez and co viennent de sortir leur 13e album, « Black Label ». Un excellent cru.
Noir et très électrique. Une basse très présente, des sons de guitares très travaillés : « une machine de guerre qui avance lentement mais inexorablement », commentait Philippe Lomprez ce samedi 16 mai 2009 lors d’une rencontre avec un « échantillon de fans » au Furet du Nord à Lille. Sur la pochette, une photo du génial Jeanloup Sieff datant de 1962. Troublante. Comme la musique de T21, à la fois répétitive et très imaginative. Comme la voix de Philippe Lomprez. Et ne lui dites pas qu’il a le phrasé de Ian Curtis (Joy Division), ça le saoule ! On lui répète depuis 1981. Depuis les débuts des frangins à Denain. Eux fuyaient les références, les étiquettes, ce que faisaient les autres « pour aller là où on avait envie d’aller ! » Très vite, Trisomie 21 marqua les esprits, avec un concert en 1983 au célèbre Plan K à Bruxelles. 1983-1997 : « l’âge d’or » du groupe. Avec des titres qui sillonnaient les campus universitaires tout en s’éclatant dans les boîtes de nuit : Djakarta, Il se noie, La fête triste, The last song, etc.
Puis c’est le trou. Sept ans de silence. « Des histoires de contrats », dit Philippe Lomprez. Et un retour éblouissant en 2004 avec Happy Mystery Child, vendu à 15 000 exemplaires. Les anciens mordus de Trisomie 21 toujours fidèles au poste et un tas de petits nouveaux. En France, en Belgique mais aussi au Canada, au Brésil, au Chili ! La touche Lomprez est toujours la même ; l’union des guitares et des machines électroniques est de plus en plus sacrée. Une tournée permet aux frangins de pratiquer une « ouverture totale » avec leur public, en cultivant cette volonté de ne jamais « mettre de barrières ».
Black Label est maintenant servi ! « Un moment important » selon Philippe Lomprez, pour un groupe qui se posait des questions sur son avenir. Nous sommes rassurés : « il y aura sûrement d’autres albums, peut-être des concerts. »
Trente ans que ça dure, et que chaque jour de nouvelles oreilles se tendent vers ce son inimitable, pénétrant, inoubliable.
Texte et photo : Christian Defrance
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