
On ne la reverra nulle part ailleurs… En octobre 2009, ses 377 œuvres – tableaux, planches, meubles, vestiges antiques, etc. – repartiront dans les 63 musées donateurs et chez une quinzaine de collectionneurs privés. D’ici là, l’exposition « Bonaparte et l’Égypte. Feu et Lumières 1769-1869 » aura accueilli 100 000 visiteurs au musée des Beaux-Arts d’Arras. C’est en tout cas la barre que veulent atteindre la Région Nord – Pas-de-Calais et la ville d’Arras « coproductrices » de cette grande exposition conçue par l’Institut du monde arabe et qui a ouvert ses portes le samedi 16 mai 2009 dans une aile rénovée du musée arrageois.
Décrivant cent ans de relations franco-égyptiennes, l’exposition a déjà été présentée à Paris sur neuf cents mètres carrés… En montant à Arras, elle gagne deux cents mètres carrés et respire davantage : « le tiers des œuvres est renouvelé », expliquait à la veille de l’ouverture Dominique Baudis, président de l’Institut du monde arabe. « Superbe à Paris, maginfique à Arras », a souligné Catherine Génisson, vice-présidente de la Région.
Une heure et demie de visite au fil des sept sections. L’exposition s’ouvre en forme de clin d’œil avec crocodile et sarcophage de momie, ou l’image que se faisait l’Europe de l’Égypte ; elle se termine avec Mariette, natif de Boulogne-sur-Mer, « le premier qui a su défendre le patrimoine égyptien, le premier à dire qu’il appartenait aux Égyptiens. » Entre les deux, un fabuleux voyage au pays des Pharaons, d’abord sur les pas de Bonaparte et de son expédition de 1798 : « 35 000 soldats qui ne connaissaient pas leur destination finale ! Un désastre militaire deux ans plus tard ». Voyage ensuite en compagnie des 169 savants qui suivirent Bonaparte et furent « la grande réussite de cette expédition ». Des vêtements, des portraits, des instruments de musique « très rares », une énorme main du colosse de Memphis, les immenses tableaux de Lejeune (dont La Bataille des Pyramides) sans oublier un facsimilé de la pierre de Rosette : l’exposition est le parfait miroir « d’un siècle de fascination mutuelle ». Militaire, ethnographique, artistique, égyptologique : elle traduit la fascination, l’éblouissement, provoqués par l’Égypte. Et finalement, l’expédition de Bonaparte donnera naissance à l’orientalisme pictural et initiera des relations franco-égyptiennes qui ne cesseront jamais. Bien au-delà de l’obélisque de la Concorde ou de la girafe que 600 000 visiteurs allèrent voir au Jardin des Plantes.
Après les Pharaons à Valenciennes, la Région poursuit son histoire d’amour avec l’Égypte sous le signe du « dialogue interculturel ». L’exposition est en outre un « très grand moment pour Arras », un challenge culturel et touristique. 100 000 visiteurs attendus.
Légende : Aurélie Clémente-Ruiz, commissaire de l'exposition, a présenté les sept sections aux journalistes.
Texte et photo : Christian Defrance
URL courte : www.echo62.com/actu2382
