Un andantino a suivi le moment de pure convivialité du lundi matin pour entrer l'après-midi dans le vif du budget. « Budget de résistance et de combat » : Dominique Dupilet le dit et le répète depuis quelques mois, préparé dans la douleur « parce que le Gouvernement a porté de mauvais coups aux départements, parce qu’il tente de nous mettre en cage ». Avec la réforme territoriale sur le dos, la fameuse « dette » de l’État dans la tête ; avec une autonomie financière se réduisant comme peau de chagrin et le gel des dotations de l’État, le président Dupilet et la majorité socialiste (et communiste) ont toutefois voulu maintenir le Département « en mouvement », maintenir sa capacité d’investissement tout en réduisant le fonctionnement, avec une fiscalité raisonnable. « Le conseil général n’a pas seulement besoin d’être bien géré, il doit être porteur de développement, de défis nouveaux, de rêves ».
Alain Fauquet se chargea de détailler le projet de budget primitif, équilibré en recettes et dépenses à 1,555 milliard d’euros (« 2 500 la minute ! » nous confiait un élu), non sans avoir rappelé la suppression de la taxe professionnelle, la disparition dans les recettes de la taxe d’habitation, du foncier non bâti… Désormais le dynamisme de ces recettes ne repose plus que sur le foncier bâti, majoré d’une fraction de la part régionale « soit 15 % de l’ensemble des recettes de fonctionnement ». Dans ce budget, la section de fonctionnement pèse 1,314 milliard dont 940 millions (71 %) pour les actions de prévention et de solidarité ! Le niveau d’investissement s’élève à 191 millions d’euros. Un investissement défendu farouchement par Dominique Dupilet et qui se répartira entre la voirie, les routes (82 millions afin de poursuivre les chantiers en cours, de continuer la RD939, de songer à Béthune-Lestrem, d’engager les contournements de Saint-Pol-sur-Ternoise, Le Wast…) ; les collèges (49 millions, « livraison » en 2011 des collèges d’Auxi-le-Château, Berck, Hesdin, et démarrage des travaux à Liévin) ; la culture (2011 étant marquée par la réhabilitation des tours du Mont-Saint-Éloi et la création du CERENDAC à la Coupole d’Helfaut) ; le sport ; l’aménagement du territoire avec l’aide aux petites communes par l’intermédiaire du Farda (5,6 millions de crédits). « Un budget de responsabilité et non de renoncement », a souligné le rapporteur général, en insistant sur les 250 millions d’euros de produit fiscal avec une hausse de 2,8 % de la taxe sur le foncier bâti (soit 10 euros de plus par foyer, en passant de 18,98 % à 19,51 %). Dans ce contexte difficile, pour faire des économies, le conseil général « a optimisé, redéfini ses pratiques de gestion », il s’est retiré des politiques où l’État possède la compétence exclusive (la santé publique par exemple), il réclame à la Région le transport des lycéens. Économies aussi du côté de la communication dont le budget diminue de 24 %.
Sans pression fiscale « inacceptable », en payant ce qui est obligatoire, en maintenant ses politiques volontaristes, en n’empruntant qu’à hauteur de 129 millions, le conseil général du Pas-de-Calais a orchestré un budget primitif « de solidarités, de projets et de proximité ». Mais il sait déjà que les trois prochaines années seront délicates… « Nous faisons en sorte de pouvoir payer nos politiques jusqu’en 2014 », a assuré Alain Fauquet.
Texte : Chr. D.
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