« Pour guérir, plus on trouve tôt et mieux c’est ! » Hervé Poher, vice-président du conseil général du Pas-de-Calais chargé des questions de santé, a été médecin généraliste durant vingt ans. Il sait que la médecine a fait de fulgurants progrès, notamment dans le domaine des cancers ; il sait aussi que « prévention et dépistage toujours associées » ont un intérêt évident et sauvent des vies. Surtout dans un département « champion de France de la mortalité pour de nombreuses maladies ». Après le dépistage du cancer du sein, à la base de la création d’Opaline 62 (sous la houlette du Département et de l’Assurance maladie), « une étape nouvelle » vient d’être franchie. En commençant par l’arrondissement de Béthune, ce sont 367 000 habitants – hommes et femmes - du Pas-de-Calais âgés de 50 à 74 ans qui seront invités à effectuer un test Hemoccult de recherche de sang dans les selles. Test destiné à dépister un éventuel cancer colorectal. « L’intestin est le 3e cancer en France après le sein et la prostate », explique Mohamed Abdelatif, président d’Opaline 62. Dans notre pays, 36 000 nouveaux cas de cancer colorectal sont détectés chaque année, entraînant 16 300 décès. Dans le Pas-de-Calais, la mortalité due à ce cancer est de 20 % supérieure à la moyenne nationale : 450 décès par an. « Ce ne sont pas nos compétences mais nous ne pouvons pas ne rien faire, alors nous accompagnons » répètent Hervé Poher et Dominique Dupilet, le président du conseil général.
La campagne de dépistage du cancer colorectal requiert le fort investissement de tous les partenaires, qu’ils soient professionnels de santé, représentants des usagers, etc. « Nous informons et formons les médecins généralistes pour qu’ils soient convaincants » précise la directrice d’Opaline 62. Pour passer le cap du « blocage psychologique : l’invitation arrivant chez des gens qui se sentent en bonne santé… » Et test positif ne veut pas dire cancer, « dans 10 % des cas seulement après coloscopie, mais il permet aussi de détecter des polypes. » Avec l’invitation, les 50-74 ans du département recevront un « mode d’emploi » sous forme de bande dessinée. Le médecin traitant remet le test (pris en charge à 100 %) et toutes les informations utiles. Le patient recueille de minuscules morceaux de selles sur trois plaquettes, laisse sécher et envoie dans une enveloppe T (fournie) à l’Institut Pasteur de Lille. Les résultats sont envoyés par Opaline 62 au patient, au médecin traitant, dans les cinq jours qui suivent. « Il faut beaucoup de participants, ajoute Mohamed Abdelatif, un minimum de 50 % de la population afin d’obtenir une réduction significative de 15 à 20 % de la mortalité par cancer colorectal. » Et Opaline 62 de revenir sur le dépistage du cancer du sein avec aujourd’hui un taux de participation de 47 % : « il y a encore des progrès à faire. Nous serons efficaces à 70 % » dit M. Abdelatif.
Légende : Un mode d’emploi simple et précis. La campagne est financée par l’État, l’Assurance maladie et le Département.
Christian Defrance / Photo : Chr. D.
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