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| Il fallait un vainqueur : c'est Bichot |
Que de larmes ce soir sur le boulevard Eurwin à Boulogne-sur-Mer où les deux premiers du championnat de France amateurs de cyclisme ont éclaté en sanglots. L'un parce qu'il avait gagné, l'autre parce qu'il avait perdu. Les deux parce qu'ils avaient à cœur de s'imposer et quelque part de prendre une revanche sur le passé. Tous deux avaient déjà revêtu le maillot tricolore par le passé.
Freddy Bichot avait toutefois été dépossédé de son titre un mois plus tard à cause d'un contrôle positif aux corticoïdes. Une injustice qu'il n'a jamais avalée parce qu'il s'était tout simplement soigné. "On m'a sali", expliquait-il encore ce soir, et même les huit ans qu'il a ensuite passés chez les professionnels où il a remporté quelques victoires n'ont pas effacé l'affront. Samuel Pouhinec que l'on a vu brillant cette année sur la Boucle de l'Artois avait lui aussi connu l'émotion d'une Marseillaise mais un terrible accident dans les semaines qui ont suivi son succès l'ont empêché de goûter au plaisir de porter un maillot tricolore pendant une saison.
Il y avait donc bien de la revanche dans l'air pour ces copains de l'équipe Véranda Rideau Sarthe, qui se sont retrouvés ensemle en tête de course à 50 km du but. Cela après un début de course dévastateur pour les coureurs qui n'étaient pas préparés au circuit encore une fois jugé très exigeant. Dans le coup, dès les premiers coups de pédale, les deux hommes ont laissé Vincent Canard et Blaise Sonnery (tous deux de Rhône Alpes) faire leur petit numéro. Eux-aussi ont peut-être eu l'impression qu'ils avaient une chance d'aller au bout mais les Sarthois avaient décidément beaucoup trop la rage au ventre pour ne pas revenir assez rapidement, histoire de se mettre à l'abri d'une mauvaise surprise. Lorsqu'ils se sont propulsés en tête de course, l'avance est vite montée à une quinzaine de secondes et comme derrière, personne n'avait semble-t-il la force de revenir pour les accompagner dans leur échappée, ils ont décidé de jouer le coup à fond. Et leur avance fut rapidement portée à 1 min 50. Toutefois, même s'ils s'entendaient à merveille, l'on pouvait s'imaginer qu'un homme fort puisse revenir de l'arrière alors que l'écart était stabilisé à 30 kilomètres de l'arrivée. Mais non, personne pour boucher le trou. Alors, il fallait bien se décider à prendre une décision. Soit les deux larrons s'attaquaient mutuellement au risque de s'isoler et de mettre en danger leur échappée, soit ils décidaient de rester ensemble jusqu'au bout, de faire la différence à la pédale dans les derniers hectomètres de l'ascension de la porte Gayolle. C'est ce qu'ils ont fait... Et Freddy Bichot s'est imposé devant Samuel Plouhinec qui dit connaître là la plus grande déception de sa carrière, tout en étant très heureux pour son copain. Dure loi du sport ! La dernière place sur le podium est allée à Matthieu Converset (à 57 s), heureux de sa médaille de bronze, reconnaissant qu'il n'y avait pas mieux à faire tant Bichot et Plouhinec étaient au-dessus du lot. Dans cette course, il y avait un Pas-de-Calaisien, Léo Fortin qui a terminé en 63e position.
Texte et photo : Philippe Vincent-Chaissac
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