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| La Famaf accueillie par la maire du Touquet. |
« Ils sont forts dans le Pas-de-Calais ! » Une petite phrase qui en dit long… Sur la satisfaction éprouvée par les anciens maires et adjoints venus « des quatre coins de l’hexagone » pour assister au congrès 2010 de la Famaf ; sur l’énergie, le « volontarisme » déployés par l’équipe de l’Adama 62 pour séduire les congressistes. L’opération séduction a carrément tourné au coup de foudre.
Après un mercredi bien rempli (séance plénière, soirée de gala), les Famafiennes et Famafiens ont passé le jeudi 7 octobre 2010 sur les routes du Pas-de-Calais. Direction la Côte d’Opale, le château d’Hardelot, Le Touquet. Météo très clémente après dissipation des brumes matinales et grande surprise pour la plupart des visiteurs : le Pas-de-Calais, c’est beau. Rien à voir avec les clichés véhiculés par les médias parisiens. Les congressistes ont vite compris pourquoi le Pas-de-Calais est le 6e ou 7e département touristique de France, attirant de nombreux Britanniques et Belges. Ils ont écouté avec attention les « guides » de la journée et notamment Michel Blarel qui a fait le tour de l’histoire du 62 en évoquant Thérouanne, Saint-Omer, Aire, Béthune, Lillers…
Ils sont forts dans le Pas-de-Calais et le général Robert Motte, président de la Famaf, avouait jeudi soir : « Il y avait un petit brin de provocation dans notre souhait de venir dans le Nord ! Et les sceptiques reconnaissent aujourd’hui qu’ils avaient tort de sourire ».
La Famaf au château
Beau, superbe, magnifique… Les qualificatifs ne manquent pas. Si les anciens maires faisaient les beaux jours des pages région de La Voix du Nord, la star du jeudi 7 octobre, dernier jour du congrès, était incontestablement le château d’Hardelot, centre culturel de l’entente cordiale à Condette. La délégation ne s’attendait pas à un tel spectacle en quittant à la hâte les abords du site des Deux-Caps. Partis un peu tard d’Arras le matin, les congressistes ont entraperçu Notre-Dame de Lorette et le mémorial de Vimy, avant de prendre la direction du Blanc-Nez. Pressés par le temps, ils n’ont pu descendre de car « mais nous avons vu les côtes britanniques, comme dans mon manuel d’histoire géographie ! », lance Odile Leroy. La Champenoise est sous le charme. « C’est vraiment une très belle région, je ne m’étais pas préparée à cela en venant ici. Je vais devoir revenir ».
Les appareils photos sont de sortie parmi les anciens élus, pour immortaliser le moment, seul ou en groupe devant ce petit coin d’Angleterre. Le Château d’Hardelot, une « folie anglaise » dont l’histoire remonte au VIIIe siècle… on parle d’un château en bois, paradoxalement érigé pour se protéger des Anglais ! On doit la forme actuelle de la bâtisse au Sir John Hare, magistrat britannique de Bristol. Nous sommes en 1848, et pour reprendre les termes du président de la Famaf Robert Motte qui découvrait les lieux : « C’est parfois un concours de petites circonstances qui donne naissance à de telles réalisations ». Racheté par John R. Whitley 50 ans plus tard, puis vendu en 1921 à un courtier britannique, le château est cédé en 1934 à l’Abbé Bouly, célèbre sourcier-magnétiseur. La commune de Condette devient propriétaire en 1986, mais le château est frappé de plein fouet par un mérule. Fermé en 1994, le conseil général du Pas-de-Calais s’attache à sauver le lieu en 2001 en signant un bail emphytéotique de 50 ans dans le but en faire un lieu culturel, symbole de l’entente franco-britannique. En tant qu’ancien président du Conseil général et donc témoin privilégié de cette restauration, Roland Huguet a pu témoigner de ce qu’il a vu… les arbres qui poussaient au sein même du château… jeudi, il pouvait emmener le Président de la Famaf dans la sublime bibliothèque, et lui dévoiler certains secrets !
Anciens maires au Touquet
« Tant qu’on n’a pas été maire, on ne se rend pas compte de ce que ça peut être ! » Daniel Fasquelle, député-maire du Touquet, a rappelé en accueillant les congressistes de la Famaf dans son hôtel de ville, à quel point la fonction de maire est « exaltante mais aussi harassante avec des citoyens de plus en plus exigeants ». Et le maire reste le « grand leader » des sondages avec des opinions toujours positives. Daniel Fasquelle a ensuite redit son attachement à l’échelon communal : « C’est une chance d’avoir 36 000 communes en France et il faut que ça reste ainsi. Un maillage exceptionnel du territoire ». Ce jeune maire (depuis 2008) a fait sourire ses hôtes en disant qu’il était déjà « prêt à les rejoindre »… Daniel Fasquelle n’a pas manqué de rendre hommage à ceux « qui ont relancé la station du Touquet, très meurtrie par la deuxième guerre mondiale », et notamment Léonce Déprez, maire durant plus de trente ans et membre de l’Adama 62.
Quand un ancien sénateur rencontre un autre ancien sénateur ! Dans la salle d’honneur de l’hôtel de ville du Touquet, Roland Huguet et André Égu ont raconté quelques histoires du Palais du Luxembourg. L’ancien maire d’Isbergues (62) a siégé sur les bancs du Sénat de septembre 1992 à septembre 2001. Son collègue Égu, ancien maire de Retiers (35) a siégé de septembre 1989 à septembre 1998. Tous deux sont aujourd’hui très attachés à leur association d’anciens maires, dans le Pas-de-Calais et dans l’Ille-et-Vilaine. Ils sont persuadés que les anciens maires peuvent « épauler » les plus jeunes élus qui découvrent que le maire est en même temps psychologue, assistante sociale, confident mais aussi bouc émissaire ! Solitude et sacrifices.
Texte et photos : Christian Defrance
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