« La mer est grosse, la brume opaque mais le cap est tracé… Alors hissons haut les couleurs du Pas-de-Calais ! » Le mot de la fin, très allégorique, est revenu à Alain Wacheux, président de la commission des finances du conseil général. Un peu de poésie donc pour décrire la situation du département : un contexte difficile, une situation financière correcte, des perspectives intéressantes… L’assemblée départementale est entrée hier, lundi 17 décembre, dans un très prospectif débat d’orientation budgétaire. Il s’agissait lors de cette dernière séance de l’année 2007 d’examiner les grands enjeux à venir pour le Pas-de-Calais, d’apprécier les marges de manœuvre pour élaborer le budget 2008 ; un budget primitif voté en février prochain juste avant le renouvellement partiel de ladite assemblée (quarante sièges). Dans les propos introductifs du président Dominique Dupilet, il fut largement question de l’État et de « la retenue dont il ne fait pas preuve dans les décisions qu’il prend sur le plan financier à notre égard ». Et le président d’évoquer, entre autres, la réforme de la taxe professionnelle qui entraînerait un manque à gagner de 169 millions d’euros ; la réforme du Fonds de compensation de la TVA « nous laissant plus de 120 millions de non compensation de cette TVA sur les travaux à faire pour nos routes nationales… »… Sans oublier Apa, RMI, personnels des collèges : bref toutes les compétences transférées par l’État avec « un déséquilibre entre dépenses constatées et compensations attendues » qui s’élève à 139 millions d’euros en 2007. Oui la mer est grosse, le conseil général a pourtant une bonne expérience de la navigation, l’analyse du Trésor public sur les comptes administratifs 2004 à 2006 détaillant une situation financière saine. « On nous dit félicitations et bon courage », a repris Alain Wacheux… Bon courage parce que le Pas-de-Calais a de nombreux handicaps, avec une capacité fiscale inférieure de 24,5 % à la moyenne (des départements de taille comparable). Ça souffle mais le cap est tracé ! « Bâtir un Pas-de-Calais solidaire, innovant et durable », résume D. Dupilet, citant ensuite l’expérimentation du RSA (Revenu de solidarité active), la territorialisation et la contractualisation, l’élaboration du Projet stratégique départemental, la mise en œuvre de l’Agenda 21… Si le cap est tracé, pas question de donner le mal de mer à tous les habitants : la stabilité fiscale est une priorité. « Une hausse du niveau de l’inflation », laisse entendre Dominique Dupilet.
Notre photo : De 2002 à 2007, l’Apa est passée de 43, 5 à 148,5 millions d’euros, soit 23,6 points de fiscalité
Chr. Defrance / Photo : L'Écho du Pas-de-Calais
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