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| Le futur Centre de conservation et d'étude du 62. |
Dernière séance de l’année 2011 pour le conseil général du Pas-de-Calais ce lundi 21 novembre 2011… et déjà « un petit air de 2012 » dans les esprits ! Avec sa faconde habituelle, Hervé Poher (vice-président socialiste) a été le premier « à l’attaque » en mettant en exergue « les insuffisances et les maladresses » du Projet régional de santé (défini par l’ARS, Agence régional de santé, établissement public administratif de l’État) au sujet duquel le conseil général du Pas-de-Calais devait délibérer…
Hervé Poher a regretté que ce PRS ne reprenne pas les notions de solidarité, de territorialisation, qu’il fasse fi des « inquiétudes, des spécificités, des urgences du Pas-de-Calais, du rôle du conseil général dans le médico-social ». Bref, le Département prend acte des documents et « envoie des amendements ». La démographie médicale est également problématique dans notre département et quelques minutes après H. Poher, Michel Hamy du groupe Union@ction62 interrogeait le préfet, Pierre de Bousquet, sur « la désertification médicale surtout dans les zones rurales ». Incapacité à remplacer les médecins qui partent à la retraite. Jeunes médecins peu intéressés par une installation en territoire rural… « Souci brûlant », a répondu le préfet en précisant que « la médecine est une profession libérale ! » et que l’État participe au financement des Maisons de santé intercommunales (17 projets dans le Pas-de-Calais, projets bien avancés à Anvin, Auxi-le-Château, Fruges).
L'État est là !
Avant de répondre aux questions des conseillers généraux, le préfet du Pas-de-Calais avait présenté un « bilan » des activités de l’État dans le département en 2010, soulignant que « le poids de l’État et de ses 30 000 agents n’est pas anodin dans le Pas-de-Calais » ! La majorité socialiste de l’assemblée départementale écoutait attentivement et… dubitativement. Pierre de Bousquet a cité les 3,4 milliards d’euros dépensés par l’État en 2010 dans le département (+ 3,5 % par rapport à 2009), et constaté que « dans le Pas-de-Calais la dette des collectivités atteint 1,3 milliard, somme significative qu’il faut collectivement maîtriser ». Mêmes regards dubitatifs dans l’hémicycle. En revanche, l’assemblée ne pouvait pas contester les propos du préfet quant à la situation assez dégradée de l’emploi dans le 62 : taux de chômage à 17,2 % contre une moyenne nationale de 9,2. Situation dramatique aussi au niveau du surendettement avec 7 300 dossiers traités en 2011 par la commission départementale de surendettement. « L’État s’est mobilisé en faveur de l’emploi, a renchéri le préfet, avec une stratégie très territorialisée ».
Interrogé donc sur la démographie médicale, Pierre de Bousquet le fut aussi sur l’enseignement, le développement durable, les mineurs étrangers isolés… et le goulot d’étranglement d’Aix-Noulette entre A21 et RD301. Mauvaise nouvelle de la part du représentant de l’État : « Aix-Noulette n’est inscrit dans aucun calendrier ». Réponse de Dominique Dupilet, président du conseil général : « Alors nous mettrons un panneau pour expliquer à qui sont dus les bouchons ! »
Richesse... archéologique
Le préfet n’a pas quitté l’hôtel du Département après son intervention et ses réponses ; il était invité à signer avec le président du conseil général et la directrice de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) Nord - Pas-de-Calais, la convention actant la création et le fonctionnement du Centre de conservation et d’étude du Pas-de-Calais. Cet outil avec chambre froide, laboratoire, répondra aux besoins des professionnels - restaurer, inventorier, étudier - et permettra d’assurer le bon stockage « des caisses et des caisses d’objets » provenant des fouilles. D’une surface utile de 1 200 mètres carrés dans une première phase - un espace de médiation archéologique prévu lors d’une seconde phase portera cette surface à 2 800 mètres carrés -, ce centre sera le premier en France d’une telle envergure. D’un coût de 3,8 millions d’euros, il sera financé à 50 % par la Drac (l’État) et construit à Dainville entre l’éco-quartier Broussais et le pôle culturel départemental (archives, médiathèque, direction de la culture).
S’il sera un outil pertinent pour le Service régional de l’archéologie (dépendant de la Drac), il mettra aussi en lumière les activités du Centre départemental d’archéologie du Pas-de-Calais, service public complet de proximité (une trentaine d’agents) qui, depuis 2008, est sur le terrain de l’archéologie préventive et diagnostique tous azimuts au plus juste coût et dans les plus brefs délais : plus d’une vingtaine d’interventions en 2011 sur de futurs chantiers (récemment la zone d’activités de Baralle). Le Centre départemental d’archéologie, « réponse réactive du conseil général », permet ainsi de faire «avancer» les projets menés par les établissements publics de coopération intercommunale. Il permet aussi de communiquer avec le grand public autour de l’archéologie. Car le Pas-de-Calais est riche... archéologiquement. Plus de cinq mille sites répertoriés, « on découvre chaque semaine » rappelait Dominique Dupilet, président du conseil général.
Première pierre (pour les archéologues du futur !) en 2012 et ouverture en 2013.
DM2 pour clôturer 2011
Troisième acte de cette séance, la DM2 ou décision modificative numéro 2 : gymnastique d’ajustement des lignes budgétaires, au bout d’un exercice, en fonction des inscriptions et des besoins d’ici la fin de l’année. Avec un résultat positif de 3,5 millions d’euros, cette DM2 peut sembler « marginale » (0,33 %) au regard du budget départemental ; elle permet toutefois d’affecter 1,69 million d’euros à la diminution des emprunts et d’abonder des dépenses imprévues à hauteur de 1,88 million d’euros. « Les réserves augmentent et les emprunts diminuent sans remettre en cause nos ambitions » a souligné Laurent Duporge (majorité socialiste) rapporteur général du budget. Les différents groupes politiques se sont prononcés sur cette DM2 : Dominique Watrin (communiste) pointant du doigt « les incertitudes sur les recettes attendues », Michel Petit (Union@ction62) revenant sur « les politiques de communication du Département », réclamant à nouveau « un vote chapitre par chapitre », Alain Lefebvre (socialiste) déclarant tout de go « nous restons ambitieux et prudents ».
Ambition et prudence seront sans doute encore de la partie le 9 janvier 2012 quand l’assemblée départementale attaquera son débat d’orientation budgétaire avant de se pencher sur son budget primitif 2012 les 20 et 21 février.
Texte : Christian Defrance / Photo : CG62
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