Pas de miracle, mais « une performance collective en terme d’équilibre budgétaire », pour reprendre les mots d’Alain Wacheux, président de la commission des finances du conseil général du Pas-de-Calais. Performance collective pour établir le budget primitif 2008 du Département. Un département du Pas-de-Calais au potentiel fiscal nettement inférieur à la moyenne des autres départements millionnaires (en habitants), un conseil général pour lequel les transferts de compétences ont pesé lourd, très lourd même. « Et finalement nous sommes un département qui arrive à investir beaucoup avec une part d’autofinancement considérable », ajoute Alain Fauquet, rapporteur général du budget. La vraie performance réside surtout dans le fait d’avoir « assuré la stabilité fiscale ». Le « duo d’Alain » a présenté le lundi 4 févier une augmentation des taux (des quatre taxes) ne dépassant pas 2,10 % : « progression négative en euros constants puisque inférieure au taux d’inflation ». 2,10 : c’est le « rythme de croisière » selon Dominique Dupilet, après la forte augmentation de 2006 (11 %). « Nous avons alors été réactifs et courageux », estime Alain Wacheux.
Le budget s’élève à 1 455 680 969 euros. Vous avez bien lu un milliard et demi d’euros. Avec une progression en volumes de 5,94 % par rapport à 2007. Vous aimez les chiffres ? 282 473 738 euros pour la section d’investissement et 1 173 207 231 pour la section de fonctionnement. 179 millions pour l’enfance et la famille ; 112 pour les handicapés ; 155 pour l’Apa ; 199 pour le RMI ; 142 pour les réseaux et infrastructures (les routes…) ; 129 pour l’enseignement ; 50,93 pour le Sdis (les pompiers)… Parmi les objectifs prioritaires, le Département a inscrit 20 millions d’euros en « autorisations de programmes » en vue des JO 2012 ; 23,8 millions pour les routes nationales d’intérêt local transférées (« la 39 sera comme une autoroute, on sera sur elle en 2010 » a précisé le président Dupilet) ; 4,2 millions pour l’expérimentation du RSA dans l’Arrageois, le Ternois et le Montreuillois ; 155 millions dans la corbeille du Fonds de soutien au développement des territoires : 120 pour la contractualisation, 35 pour le Farda et l’aide aux communes rurales. Farda défendu bec et ongle par le Département car indispensable aux 700 communes de moins de 2 000 habitants… Défendu parce qu’il est attaqué ! Après le rapport Attali qui préconisait la disparition des départements (mais Nicolas Sarkozy a dit ‘non’), se pointe le rapport Lambert et la possible suppression de la clause générale de compétence… Les interventions des départements seraient alors limitées. « Qui aiderait les communes à bâtir des salles polyvalentes, à restaurer les églises, à ouvrir des classes ? » a tonné Jean Wallon.
Pour revenir au budget 2008 et dans un souci de clarté tout en s’appuyant sur le projet stratégique départemental, Alain Fauquet a traduit la « litanie » de chiffres en missions, programmes et actions. Donc, sur le milliard et demi, 32 % serviront à « construire un département qui construit et encourage », 40 % pour « protéger et accompagner les plus fragiles », 16 % pour « favoriser l’épanouissement des habitants dans le respect du cadre de vie », 8 % pour « appuyer la mise en œuvre des politiques publiques » et 4 % pour le service de la dette. Autant de missions qui seront autant de performances collectives.
Ce mardi matin, l'heure était au vote. Le groupe Républicain a voté « pour » ; Jean Urbaniak prônant la stratégie du consensus, de l'ouverture. Le groupe Communiste a lui aussi entériné ce projet de budget ; Yvan Druon invitant à « combattre le désengagement de l'État ». Sans états d'âme, le groupe Socialiste a lui aussi soutenu ce budget 2008 : « un budget innovant, selon Alain Lefebvre, qui met le 62 au premier rang de l'avenir, sur le terrain ! » La surprise est venue de l'Intergroupe d'opposition... Après une suspension de séance, après avoir fait durer le suspense, Roger Pruvost a lancé : « nous avons décidé de voter 'pour' le budget ! » Comme il s'agissait de son ultime intervention au conseil général (R. Pruvost ne se représente pas dans le canton renouvelable d'Auxi-le-Château), le « bon docteur » a ajouté à l'adresse du président Dupilet : « reconnaissez que nous sommes un groupe de proposition et pas d'opposition ! »
Chr. Defrance / Photo : Chr. D.
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