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| Jean-Paul Delevoye lors de l'inauguration de la piscine de Bapaume. |
Il donne de la voix depuis quelques années. Au début on l’écoutait d’une oreille distraite… Encore un politique qui se lâche un peu ! Il a insisté retenant davantage notre attention d’autant qu’avec sa large carrure il avait réussi à se frayer un chemin vers les grands médias. Ainsi le 21 février 2010, il a la une du Monde et le 20 heures de TF1 trois semaines plus tard. Comme un scoop, Jean-Paul Delevoye avait révélé « la grande tension nerveuse » de la société française, « une société fatiguée psychiquement, le chacun pour soi remplaçant l’envie de vivre ensemble ». État des lieux tonitruant repris de droite à gauche.
Médiateur de la République depuis 2004, ayant traité des milliers de dossier, découvrant une « France des invisibles », Jean-Paul Delevoye avait « mis le doigt où cela faisait mal ». Où cela fait encore mal aujourd’hui. S’il a quitté la « Médiature » en 2011 pour prendre la présidence du Conseil économique, social et environnemental, Jean-Paul Delevoye n’a pas cessé de triturer dans tous les sens ce qu’il appelle « le burn-out » de la société française. Il vient de publier au début de cette année 2012 un livre au titre des plus explicite : Reprenons nous ! Présent de l’impératif, première personne du pluriel et point d’exclamation, le ton est donné.
« Ce livre n’est pas un programme politique, prévient l’auteur (toujours membre de l’UMP il faut le préciser), ni celui d’un expert. » Fort de son expérience, ses expériences même (Médiateur mais aussi président de l’Association des maires de France pendant dix ans, député puis sénateur, ministre de la Fonction publique), Jean-Paul Delevoye a voulu exprimer « ce que les hommes politiques pris dans des enjeux à court terme peinent à prendre en compte ». Un livre en deux temps avec tout d’abord des mots simples et forts pour analyser les maux dont souffre notre société ; puis une invitation à la « mobilisation de tous » pour sortir de ce pétrin. Si son ouvrage n’est pas un programme politique, Jean-Paul Delevoye s’adresse toutefois aux hommes politiques « qui doivent retrouver le crédit qu’ils ont perdu, montrer pour quelles causes et non quels intérêts ils entendent mobiliser les Français. »
Pédagogie, débat, jeunesse, intérêt général occupent l’esprit du maire de Bapaume, et il invite les citoyens « à ne plus se conduire en consommateurs de la République mais à revendiquer leurs responsabilités et à retrouver le chemin, le goût de l’autre. » Une jolie plume pour prôner une révolution mentale et comportementale… La lecture de Reprenons nous ! est salutaire. Ça fait mal certes de prendre en pleine face nos pertes de repères, le racisme, la violence partout, la haine pour les administrations, une école devenue machine à exclure, la montée du Front national, le suicide première cause de mortalité des 25-34 ans, « 12 à 15 millions de personnes dont les fins de mois se jouent à 50 ou 150 euros près »… Et en même temps ça réconforte d’être « mis en demeure de changer ». Jean-Paul Delevoye expliquant sans complexe par exemple que pour sortir de la crise de nerfs, rien ne vaut la culture, le sport, « soupapes de sécurité ». Bref comme dit l’éditeur : le livre que chacun doit lire avant la prochaine élection présidentielle !
Les lecteurs du Pas-de-Calais liront plus attentivement les pages 91 à 94 où Jean-Paul Delevoye raconte comment il est entré en politique dans le canton de Bapaume en 1979 « par indignation face aux petits arrangements politiciens ».
Texte et photo : Christian Defrance
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