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| Stéphane Lefebvre, un grand espoir du polar nordiste ! |
Stéphane Lefebvre le documentaliste du collège de Marquise reste la coqueluche des salons du roman policier ! L’auteur de l’excellent « Opale », grand prix VSD du polar 2009, a décroché le prix littéraire du récent salon du roman policier de Lens… Une semaine plus tard – en l’occurrence lors du week-end pascal – il a obtenu le 2e prix de Plume de glace à l’occasion du premier festival du roman policier organisé à Serre-Chevalier. C’est Mathieu Croizet qui a été sacré Plume de glace 2010 pour son roman « Polka ». Mathieu Croizet a ainsi « pris sa revanche » puisque Stéphane Lefebvre l’avait « devancé » à Lens ! Au début de l’année 2010, L’Écho du Pas-de-Calais avait rencontré cet auteur très prometteur.
« Une mine aussi radieuse que la Leffe dont raffole son héros ! Forcément, un auteur dont le premier roman s’est déjà écoulé à plus 20 000 exemplaires est heureux. Heureux et étonné à la fois, comme on peut l’être en goûtant ses premiers Pépito ! Biscuits dont se gave ledit héros. Stéphane Lefebvre s’était pourtant embarqué sans biscuit dans une affaire où les hasards opportuns ont succédé aux bonnes surprises. À partir du mois d’octobre 2008, sa vie a pris un sacré virage, un de ceux que la Kangoo dudit héros peinerait à négocier. Six cents pages ont converti le documentaliste du collège de Marquise en coqueluche des salons du livre policier. Le grand lecteur de polars, de littérature « noire » s’est mué en auteur dont on attend avec impatience la nouvelle « livraison ». Ce deuxième livre, il s’y est mis en septembre 2009 et « ça part aussi difficilement que le premier », lâche Stéphane. Car il lui a fallu cinq ans pour venir à bout, pour aller au bout de l’aventure « Opale ». Cinq années d’écriture ponctuées de relectures à foison, coincées entre la famille et la construction de la maison au Bois-Ratel, l’un des dix-huit hameaux de Beussent. Un bouquin démarré à la troisième personne, recommencé à la première ; le « je » de Robin Mésange, le fameux héros. « Mais pas un super héros ! Un Monsieur Tout-le-monde qui n’a pas une existence toute rose, prend tout au second degré. Je voulais écrire une histoire que j’aimerais lire. Quelque chose qui ressemble à la vraie vie. » Journaliste très polyvalent dans un petit hebdomadaire, à Boulogne-sur-Mer, Robin revêt l’habit de détective et saute à pieds joints dans une intrigue alambiquée où les coïncidences poussent drues et les personnages vibrionnent. Stéphane tenait à situer cette histoire chez lui, chez nous ! Boulogne-sur-Mer et la Côte d’Opale crèvent le livre. L’image « pas toujours resplendissante du Pas-de-Calais » retrouve son meilleur profil sous la plume du documentaliste. Quel style ! Précis comme un eye-liner, capiteux comme un bâton de rouge à lèvres. Des qualités soulignées par Frédéric Beigbeder qui, le 5 mars 2009, remettait au documentaliste le grand prix VSD du polar 2009 avec une valise de compliments : « Révélation de l’année, on dirait le Pennac des débuts ! » Coup d’essai, coup de maître. Stéphane Lefebvre estomaqué. Dire qu’il avait envoyé son manuscrit en août 2008 à une quinzaine de maisons d’édition parisiennes… Sans aucun retour positif. Le hasard le fit tomber deux mois plus tard sur l’adresse internet du concours organisé par le magazine VSD et les éditions Les Nouveaux Auteurs. 150 manuscrits en lice, des jurés lecteurs, un premier tri retenant trente prétendants à la victoire ! « Notés comme à l’école et fin janvier 2009 il en restait six. » Dénouement favorable, petits fours à la Closerie des Lilas, publication dans la foulée, diffusion nationale, avalanche de salons et de dédicaces. « Le plus important c’est le retour des lecteurs », avoue Stéphane. Ils ont aimé ce roman fort, plein, total. À dévorer d’une seule traite. Noir certes, avec des morts violentes et des méchants ; mais aussi bleu – Robin, éperdument amoureux de Léa, lieutenant de police – rose parfois, pour ne pas dire vert. « Tout est écrit comme si Robin est derrière son appareil photo », résume l’auteur. Il en voit de toutes les couleurs et développe « des émotions aussi changeantes que les reflets de l’opale ». Stéphane Lefebvre ne pouvait pas trouver meilleur titre.
Lectures « re-décalées »
Enfant de la télé, Stéphane Lefebvre – quarante ans – écrit comme il zappe. Mais dans le silence. Entre plaisir intense et découragement complet. Un coup tordu. Une blague vaseuse. Une sentence étincelante. « Regarder, ça tout le monde sait le faire. Voir c’est autre chose. » Aligner des phrases, beaucoup savent le faire. « Opale » c’est autre chose. Naissance à Boulogne-sur-Mer. Chapitres suivants à Alincthun, Bourthes. Maîtrise de sciences éco, Capes de documentation. Tout va très bien à Marquise depuis 1996. « Des lectures d’enfance ‘re-décalées’ à l’âge adulte ! » Du Club des Cinq à Pennac, Lehane ou Pouy. Une participation assidue aux forums du site « Pol’Art noir ». En 2002, Stéphane Lefebvre rejoint un atelier d’écriture sur internet autour du célèbre Poulpe. Il « pond » deux chapitres du numéro 244 de la collection : « Le Cyber Poulpe ». Un déclic. Sans plan précis, Stéphane part à l’assaut de son « Opale ». Les rues de Boulogne, les couloirs d’un lycée, le Blanc-Nez, le Mont Hulin, quelques anecdotes autobiographiques. « ‘Opale’ a été une surprise totale pour mes collègues, mes parents. » Une bonne surprise pour 20 000 lecteurs qui attendent la suite des événements. Robin Mésange retournera-t-il au charbon ? Stéphane Lefebvre a bien remis les mains sur ses cahiers et son clavier, « mais je ne sais pas où ça va me mener », dit-il. Patience et Pépito feront plus que force ni que rage… »
Texte : Christian Defrance / Photo : x
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