Un feu d’artifice géant en Russie et le lancement d’une exposition temporaire à La Coupole ! Ce mardi 12 avril 2011, de Moscou à Helfaut, le même héros fait la une – pour ne pas dire Lune ! - de l’actualité. Il y a cinquante ans jour pour jour, Youri Gagarine « ouvrait la porte des étoiles ». Le 12 avril 1961, Gagarine fut le premier homme dans l’espace, effectuant dans la capsule Vostok 1 un tour de la Terre en une heure et quarante-huit minutes, à 250 kilomètres d’altitude.
Un événement historique pour l’Union soviétique qui devenait la première puissance spatiale… rattrapée par les Etats-Unis d’Amérique le 21 juillet 1969 quand Armstrong marcha sur la Lune. URSS-USA : le match pour la conquête de l’espace dura longtemps, sur fond de guerre froide puis de rivalité militaire. Mais derrière la bataille technologique et scientifique, il y eut toujours des hommes… et des femmes. « Hommes et Femmes de l’espace » : le titre de la nouvelle exposition de La Coupole, « une expo maison » pour reprendre les propos de Julien Duquenne le directeur du Centre d’Histoire et de Mémoire du Nord – Pas-de-Calais ; quinze panneaux conçus notamment par Bruno Decriem et Julien Cadez.
Homo Icarius
Bruno Decriem est un professeur agrégé de sciences physiques mis à la disposition de La Coupole par l’Éducation nationale pour une mission pédagogique. Durant une petite année, il a remué l’histoire spatiale pour livrer ces panneaux présentés à La Coupole (« la conquête spatiale a débuté ici, dans le cerveau d’un bon ou mauvais génie, Werner Von Braun » répète J. Duquenne) jusqu’à la fin de l’année avant de tourner dans les collèges et les lycées. Une grande leçon d’histoire et de physique. « Nous voulions rebondir sur Gagarine pour expliquer que l’aventure spatiale est avant tout une aventure humaine » explique Bruno Decriem, incollable sur les « Homo Icarius ». En un demi-siècle, 522 personnes ont tourné autour de la Terre, dont 55 femmes : la première, Valentina Terechkova, en 1963. Sacrée gageure que de « résumer » en quinze stations (orbitales ?) cette formidable aventure poussant des hommes à quitter « ce vaisseau spatial qui s’appelle la Terre et avance dans l’espace à la vitesse de 30 kilomètres à la seconde ! » Aventure dont les premiers chapitres furent écrits par Von Braun et Korolev, créateurs de fusées, deux destins parallèles et exceptionnels. Ces aventuriers de l’espace furent des héros : Gagarine bien sûr, mais aussi Leonov : le premier homme qui sortit du vaisseau spatial et flotta dans l’espace le 18 mars 1965. Des vétérans, comme Shepard qui joua au golf sur la Lune, Glenn, Young, Poliakov qui passa 438 jours dans la station Mir ! Des martyrs aussi : les occupants des navettes Challenger et Columbia… et même la chienne Laïka en 1957.
Longtemps américano-soviétique, l’aventure spatiale a ensuite gagné l’Europe et l’exposition de La Coupole évoque « la symphonie européenne » avec Ariane, les neuf spationautes français. Elle a gagné aussi la Chine, troisième puissance à avoir pu envoyer un homme dans l’espace.
Bien sûr, Bruno Decriem a songé à l’avenir, au tourisme spatial et à Mars ! Quand en 2025 ou en 2030, de nouveaux « Homo Icarius » atteindront la « planète rouge », ils songeront sans doute à Youri Gagarine qui s’exclamait le 12 avril 1961 à 9h 09 : « Je vois la Terre ! C’est magnifique ».
Complétée par des reproductions d’œuvres de Picasso, Matisse, Léonard de Vinci…, l’exposition « Hommes et femmes de l’espace » est visible dans le hall d’accueil de La Coupole. Elle est gratuite.
Rens. 03 21 12 27 27 – www.lacoupole-france.com
Texte : Chr. Defrance
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