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| En 2006, au Burkina Faso, A. Yabouanbou reçoit neuf poules et un coq. |
Organisation non gouvernementale créée il y a tout juste dix ans, Elevages sans frontières est basée à Wasquehal, dans le Nord, tout en ayant un rayonnement national. Son objectif : travailler au développer de l’agriculture et plus précisément de l’élevage dans les pays en développement, au profit des familles pauvres. Adepte du QRD, le Qui reçoit donne, formule originale de micro-crédit, elle veut les accompagner vers l’autonomie dans les domaines de l’alimentation, de la santé et de la scolarisation.
La structure a travaillé avec les pays de l’Est mais elle concentre aujourd’hui l’essentiel de ses efforts sur l’Afrique, plus particulièrement le Burkina Faso, le Sénégal, le Togo, le Bénin et le Maroc. Cinq pays francophones avec lesquels des partenariats ont été noués d’autant plus facilement qu’il n’y a pas le handicap de la langue.
La semaine dernière, les responsables des équipes locales qui travaillent dans les cinq pays en question, étaient à Lille, à l’Isa, pour partager leurs expériences. Pour définir les besoins, évoquer les projets, préciser les attentes… « Comment se projettent-ils dans trois ans ? » interroge le président André Decoster, conscient qu’il s’agit maintenant de dépasser le principe de base du QRD.
Rappel : l’ONG offre des animaux à une famille en difficulté et l’aide à mettre en place un élevage qui doit lui permettre de dégager un revenu… La contre partie : pour chaque animal reçu, les familles aidées s’engagent à transmettre un petit, né de l’élevage, à une autre famille.
Mais depuis la création, l’action initiale n’a fait que se renforcer : sur place les équipes locales composées de professionnels de l’agriculture, qui connaissent bien les coutumes, les mentalités, les besoins, les techniques de travail, font le lien avec le siège, assurent les formations dans la conduite des troupeaux, dans la commercialisation des produits transformés, recherchent des partenaires, des filières de distribution, etc.
Au Maroc, le travail se fait essentiellement avec les femmes et ce sont surtout des élevages de chèvres alpines qui ont été créés… Ailleurs, ce sont des élevages de vaches, de moutons, de poissons, d’abeilles, de lapins… En 2006, au Burkina Faso, Allo Yabouanbou reçoit neuf poules et un coq. Aujourd’hui, il en a plus de 200 et subvient aux besoins de sa familles. Les actions et les expériences sont multiples mais collent toujours à la réalité du terrain
Pour financer ses actions et payer ses salariés (17 dans les équipes locales et 8 au siège à Wasquehal), Elevages sans frontières collecte des fonds auprès des particuliers, des entreprises, des institutions, des écoles, etc. André Decoster fait un gros travail de lobbying pour essayer de trouver toujours plus d’argent. « Nous faisons appel à la générosité du public».
Philippe Vincent-Chaissac - Photo ESF
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