Ils ont envahi « La Gare » ! Mais rien à voir avec des trains en retard ou une grève surprise… « La Gare » est le nom donné à l’espace culturel et public que les habitants de Méricourt attendent de pied ferme. À l’orée du site de l’ancien carreau de fosse du 4/5 Sud et de l’ancienne gare, au cœur de la ville, cet espace – une médiathèque et un auditorium – est la première construction d’un éco-quartier (avec logements, micro-crèche…) qui occupera une position stratégique entre le centre-ville et les cités minières.
Avant d’inaugurer « La Gare » ce samedi 19 novembre 2011 dès 18 heures (avec expositions, animations, embrasement !), la municipalité méricourtoise souhaitait donc que la population « envahisse » les lieux. Un envahissement synonyme d’appropriation, et les aînés ont ouvert le bal il y a un mois dans le cadre de la Semaine bleue, suivis par les associations locales. « Nous avons eu une soirée de poésie arabe, un spectacle en hommage à Dickens avec le conseil général, une course d’orientation, une initiation à l’ikebana, une exhibition de tennis de table, un état de lieux de la culture avec Jack Ralite, explique Cyril Titz, directeur de la médiathèque. Nous voulons faire venir les gens, ce bâtiment leur appartient ! » Et ce ne sont pas des paroles en l’air puisque les Méricourtois peuvent carrément remplir un certificat de copropriété.
Depuis le début, la médiathèque est une belle aventure collective, un exercice très réussi de démocratie participative. Alors que la bibliothèque Max-Pol-Fouchet devenait bien étroite pour une ville de 12 000 âmes, un collectif d’habitants a dessiné en 2005 un projet de médiathèque, lieu ouvert et convivial en phase avec son siècle et les nouvelles générations, loin de l’image austère que pouvaient dégager les bibliothèques… d’un autre siècle.

Sur les rails de la culture
« La Gare » est conçue comme un bâtiment de type industriel, elle est entièrement HQE (haute qualité environnementale) et surprend par ses murs en « béton brut », ses larges baies vitrées. Elle occupe 1 600 mètres carrés, sans étage avec accessibilité aux personnes à mobilité réduite ; la médiathèque proprement dite faisant le quart de cette surface. L’auditorium est « impressionnant » avec ses gradins rétractables, sa grande scène et son grand écran… On y attend le Sam’Blues Festival le 26 novembre 2011. Avec 18 000 documents pour le moment (livres, CD, DVD) – la Médiathèque départementale ayant prêté des collections pour l’ouverture - et 28 000 dans quelques mois ; dix ordinateurs en libre accès ; un système de prêt automatisé ; une galerie d’exposition avec le coin presse aux soixante abonnements ; 28 heures d’ouverture par semaine et neuf salariés, la médiathèque permettra d’aller à très grande vitesse vers dix « commandements » chers aux élus méricourtois : lire bien sûr, trouver des informations, découvrir, comprendre, grandir, se détendre, apprendre, partager, s’exprimer, construire… son avenir et sa réussite. « La Gare » est ce véritable « troisième lieu » (la maison, le bureau et…) dont parlent les acteurs de la lecture publique qui posent les fondations de la bibliothèque du 21e siècle.
Le coût total de « La Gare » est d’environ 3,5 millions d’euros avec 80 % de subventions dont 1,4 million du conseil général du Pas-de-Calais (qui a souligné la grande qualité du projet), 1,4 million de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles)… « La Gare, les gens s’y sentent bien » affirme le directeur, prêt à donner le coup de sifflet pour l’ouverture des portes, veillant à ce que personne ne reste sur le quai.
Texte : Christian Defrance / Photos : Jérôme Pouille
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