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| Inauguration de l'espace Guy-Lyon. |
Les mots « jeunesse » et « innovation » faisaient partie intégrante de son vocabulaire. Il connaissait la véritable portée des mots « solidarité » et « résistance ». Guy Lyon, décédé au mois d’août dernier, était un passionné d’éducation populaire, voulant absolument changer les mentalités… Philosophie que partagent les élus de la communauté de communes du canton de Fruges qui ont donné le nom de Guy Lyon à leur maison des jeunes et de l’innovation inaugurée le samedi 11 septembre 2010.
Né à Hesdin le 19 décembre 1921, Guy Lyon entra à l’École normale d’où il sortit en 1942. Nommé à Oignies pour son premier pose d’instituteur, il fut révoqué par le régime de Vichy pour avoir refusé d’accrocher la photo du maréchal Pétain dans sa classe. Passé dans la Résistance, il s’engagea dans l’Armée des Alpes avec laquelle il se retrouva en Allemagne. En 1945, il partit en Indochine et ne reprit son métier de base – maître d’école – qu’en 1949 à Ruisseauville. Adepte de méthodes pédagogiques modernes (méthode Freinet), Guy Lyon a marqué les esprits par son engagement laïc, son anticonformisme aussi. Secrétaire de mairie (jusqu’en 1977), il alla jusqu’à financer personnellement une aire de sport et une salle à Ruisseauville. Cet homme de progrès avait donné naissance au premier foyer rural du Nord – Pas-de-Calais en 1952. Élu à la fédération nationale des foyers ruraux, Guy Lyon fonda la fédération départementale du Pas-de-Calais et l’union régionale. Il se consacra alors durant un demi-siècle à l’éducation populaire et à l’humanisme. Commandeur des Palmes académiques, officier dans l’ordre nationale du Mérite, il s’était retiré en Vendée il y a quelques années. En 1992, Ruisseauville inaugurait avec fierté et émotion la salle Guy-Lyon. À Fruges, depuis samedi dernier, Guy Lyon est définitivement entré dans l’histoire du canton et dans celle de la ruralité.
SR : Chr. D.
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