Ça prend aux tripes ! Quelle claque ! La petite sœur de Brel. Elle m’a fait chialer… À prendre au vol, les commentaires fusant dans le public après le concert – est-ce le mot juste d’ailleurs ? – de MeliSsmelL, il est évident que la quatrième soirée du festival « Faites de la Chanson » à Arras (lundi 20 juin 2011) restera gravée dans les âmes. Des traces indélébiles qui restent avoir reçu une volée d’émotions, de coups de colère, de cris de révolte, de messages d’amour…
MeliSsmelL, c’est d’abord Mélanie Coulet, l’Ardéchoise au cœur rebelle qui depuis le début de l’année 2011 secoue le monde de la chanson. « Entendez-vous dans nos campagnes mugir nos pauvres, de faim, de froid ? Qu’ils viennent jusque dans vos bras, pleureur dans nos villes, nos sarcasmes ». Toujours à la recherche de « l’étiquette », la critique, le « médialand » ont vu la réincarnation de Bertrand Cantat avec le souffle de Janis Joplin ! On pourrait ajouter Saez. MeliSsmelL ne chante pas, elle vit ses chansons. Intensément. Énergiquement. Elle hurle à la face du public ses peurs, son engagement, son intimité. Regard doux et dur à la fois. Sourire complice et accusateur à la fois. Sur la scène du Théâtre d’Arras, durant plus de deux heures, la chanteuse – dont la voix va parfois si haut, si loin que l’on se demande si elle ne va pas se perdre ou exploser ! – a clamé son insoumission, sa souffrance, son incompréhension face à une société qui marche sur la tête, qui a oublié de colorier en violet son avenir. Elle aime cette couleur, celle de la dignité, de l’ouverture d’esprit. Elle aime s’asseoir au bord de la scène sur un morceau de tissu rouge. Elle aime cette couleur, celle de la vie tout simplement.
MeliSsmelL, ce sont aussi les quatre musiciens qui entourent la dame qui ne rend pas les armes… Thomas Nicol est éblouissant au violoncelle, il apporte une « plainte » qui renforce la puissance des textes de Mélanie. Comment ne pas sombrer en écoutant « J’ai perdu ma souffrance, j’ai perdu mon amour. J’ai pleuré mon errance à te chercher toujours. Je me souviens maman des rêves qu’on avait. Je me souviens des temps où nous marchions ensemble. J’avais des rêves maman, des rêves de liberté. J’aimais rêver maman, j’aimais la vie maman ». Stéphane Bonacci est un virtuose de la guitare, c’est une évidence et il apporte l’énergie rock qui colle parfaitement à la rauque attitude de Mélanie. Claude Dos Santos à la basse, Jérôme Spieldenner à la batterie rythment les envolées, l’excitation ou la tristesse de Mélanie… Et quand ces quatre mousquetaires se lâchent, on comprend que MeliSsmelL aime aussi rire, la fête, le délire, les chaussures dans la figure ! La vie tout simplement. Un grand, grand moment que cette soirée. Nous n’oublierons plus jamais désormais de nous « MéliSsmelLer » de tout ce qui se passe autour de nous. « Aux armes, aux armes et cætera. Faites entrer l’accusé ».
Aujourd’hui mardi 21 juin 2011, c’est fête de la musique. Évidemment les « boîtes à chansons » du festival s’ouvriront avec joie, à l’Hôtel de Guînes de 13 h à 14 h et à partir de 18 h.
Et le mercredi 22 juin 2011, rendez-vous au Théâtre avec Alain Sourigues et les chanteurs amateurs de Di Dou Da en première partie.
Texte et photos : Christian Defrance
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