Un visionnaire. Il avait tout compris bien avant tout le monde. En 1978, alors que l’écologie et le développement durable étaient encore plus ou moins dans les choux, Louis Chedid chantait « T’as beau pas être beau », chanson de lucidité et d’espoir. « Y’a des colorants pas marrants, du mazout dans les océans, des trucs bizarres dans nos assiettes, pauvre bifteck ! La petite Juliette et son Roméo tournent à poil dans les films pornos, y’a pas plus d'amour sur pellicule que d'fleurs sur le bitume. T'as beau pas être beau, monde cinglé, j't'ai dans la peau, j't'aime, t'aime, t'aime ». Sans oublier les chœurs, ces « eau, eau, eau, eau » et ces « é, é, é, é », assurés par ses enfants : Émilie et… un certain Matthieu.
Trente-trois ans plus tard, Louis Chedid n’a pas bougé d’un iota. Il a encore tout compris et chante : « On ne dit jamais assez aux gens qu’on aime qu’on les aime ». Ses chansons sont des envolées d’humanisme, de liberté, d’amour et d’amitié. Ce poète n’est pas un donneur de leçons… et pourtant on les retient toutes.
Après le fils à la Citadelle, voici le père au Casino. Pour tous les sains d’esprit et les mélomanes amènes. Louis Chedid ouvrira le vendredi 17 juin à 20 heures, la 7e édition du festival « Faites de la Chanson » toujours porté par l’association Di Dou Da avec « l’amicale complicité » du Théâtre d’Arras. Chedid à Arras c’est le signe notoire que ce rendez-vous, fier d’arborer la bannière du militantisme, de porter haut l’étendard du bénévolat « change de division ». Après Clarika et Alexis HK en 2010, la venue d’un artiste phare de la chanson francophone confirme la volonté « d’aller vers les nouvelles générations ». Sans renier l’esprit Di Dou Da : artistes, chanteurs amateurs et spectateurs se partageant les plaisirs de la scène.
Quartier des Arts à Arras
Le changement de division est le fruit d’une volonté farouche mais il ne s’agit pas de rester dans les profondeurs du classement. Alors l’équipe de Faites de la Chanson a recruté intelligemment pour construire son programme de dix jours. Il occupera cinq « terrains ». Le Casino tout d’abord avec « L » Chedid – sur les planches après six ans d’absence – pour la soirée inaugurale ; Richard Gotainer l’irrésistible clown – au sens le plus noble du terme – de la chanson française le jeudi 23 juin à 20 heures (Gotainer remplace au pied levé Agnès Jaoui initialement prévue au programme) ; Loïc Lantoine et Éric Lareine revisitant Brassens le samedi 25 juin à 20 heures. La première partie de Jaoui et Lantoine étant assurée par les chanteuses et chanteurs amateurs et moteurs d’émotion.
Deuxième terrain, le Théâtre avec D.U.O, tandem unique en son genre le samedi 18 juin à 20 heures (et le groupe arrageois Arokana en première partie) ; Melissmell la révélation (le poing levé, la voix envoûtante, le verbe poétique) le lundi 20 juin à 20 h ; Alain Sourigues le Landais au « pessimisme gai » le mercredi 22 juin à 20 h ; Gaëlle Vignaux le vendredi 24 juin à 20 h ; des artistes et des amateurs saluant, sous la houlette de Lou-Ysar, le grand Serge Gainsbourg le dimanche 26 juin à 17 h.
Troisième terrain, l’Hôtel de Guînes avec ses scènes ouvertes (Lisa Redal, Flavien Riez, Tamango, Sophie François, Solemnis, From & Ziel), ses conférences, ses Boîtes à chansons, sa guinguette pour casser la graine et sa création sonore : « Les poissons dansent le tango » le 19 juin de 18 h à 23 h, et sa fête de la musique le 21 juin de 18 h à minuit. Quatrième terrain et non des moindres, la Médiathèque (rue Paul-Doumer) où s’exprime la quintessence du festival dans ses ateliers (Chant’amateur, écriture) et ses stages.
Enfin, le festival occupera un cinquième et nouveau terrain, le Cinémovida de la Grand’Place où sera projeté le film de Joann Sfar, « Gainsbourg (vie héroïque) ».
De belles rencontres en perspective dans cette nouvelle division ! « Chaque jour est une vie, pas une minute à perdre, pas une seconde, chaque jour est une vie », chante Louis Chedid… À Arras, du 17 au 26 juin, chaque jour sera une chanson. Il n’y a pas une minute à perdre, pas une seconde.
Tarifs : 20 euros et 16 euros pour le Casino ; 16 euros et 12 euros pour le Théâtre.
Avec le Pass’Festival à 15 euros, vous bénéficiez de 50 % de réduction sur tous les tarifs. Et la possibilité de glisser ce Pass’Festival dans une enveloppe «cadeau» (gratuite) pour un anniversaire, la fête des pères...
Billetterie et réservations au Théâtre d’Arras, 7 place du Théâtre, 03 21 71 66 16.
Le programme complet sur www.didouda.net
Texte : Christian Defrance / Photo :Bernard Benant
URL courte : www.echo62.com/actu3093
