
« Freume eut’bouque, in dirot eune glin.ne qu’alle a trouvé un gros vier ». René Selliez rit à gorge déployée. On ne va pas s’ennuyer à la salle des fêtes de Beuvry les 16, 17 et 18 octobre 2009. René et ses camarates « Déplanchés » y organisent le 1er Festival du bieau parlache. Au menu théâtre, chanson et spectacle vivant avec Guy Dubois, Pierre Delannoy, la Compagnie du Reste-Ici, les Ballochards in foufelle et les Déplanchés dans leur nouvelle pièce « Eun’ question d’héritache ». Tout en patois : « notre langue qu’il ne faut pas oublier. Elle est le véhicule d’une certaine culture ». Ça roule René !
Les Déplanchés sont nés en décembre 2003, portés par une bande d’amis amoureux du théâtre. « J’en ai fait aux Francas et à l’Amicale laïque d’Auchel, à l’école normale aussi », explique René, instituteur retraité. Cerise sur le gâteau : les enfants des amis avaient aussi le théâtre dans le sang. Ils ont poussé les anciens ! Emmanuel a appelé Rémi qui a appelé Étienne et c’était parti. Beaucoup d’improvisation pendant un ou deux ans : « nous n’avions pas de salle, donc pas de scène, pas de planches ! Nous sommes devenus les Déplanchés. Il faut dira aussi qu’i nous manque eun’ planche », s’esclaffe René. Les jeunes ont fini par écrire une pièce, traduite en patois par Jean-Charles Gruson. L’envie de faire du patois est venue instinctivement. René Selliez baigne dans cette langue depuis toudis. Originaire de Bomy, élevé par des grands-parents qui auraient été surpris de le voir causer en français, il a ensuite côtoyé André Hecquet (poète patoisant), Jean Dauby (spécialiste du rouchi et de Mousseron). Le pari était osé, il fallait que les plus jeunes prennent carrément des leçons de patois. Ce fut du billard. « Vacances d’enfer » a été jouée onze fois, 950 entrées au théâtre de Béthune tout de même ! « De la farce avec beaucoup d’impro. Trois heures de franche rigolade. Du plaisir avant tout. » Et du culot : la troupe brave les vieilles superstitions du milieu, « nous sommes toujours treize sur scène et nous avons des rideaux verts ». Du cœur : les Déplanchés jouent régulièrement « à l’eul » pour des associations caritatives.
Histoire de dynamiser la vie culturelle beuvrygeoise, la fine équipe a lancé ce Festival du bieau parlache. Le théâtre patoisant a la cote et les Déplanchés souhaitent pérenniser ce nouveau rendez-vous.
Ils joueront donc « Eun’ question d’héritache » le dimanche 18 octobre à 17 heures. Encore une farce. De grands moments en perspective avec Jean Cafrite, s’femme Lucette, Mimile Texas Ranger ch’garde municipal. Du patois digne de ce nom, des dialogues hilarants. On n’en dit pas plus. « Les jeunes se sont éclatés à l’écriture. Les traducteurs patoisants ont suivi le mouvement ! » En attendant le mois d’octobre, René Selliez envisage de participer aux Journées du patrimoine à Beuvry, avec des saynètes en patois… Et nou honme i’a du vocabulaire ! Il ne serait pas étonnant de le voir un jour publier ses souvenirs bomynois.
1er Festival du bieau parlache, salle des fêtes de Beuvry, rue Jean-Marie-Leclercq :
- vendredi 16 octobre à 20 h, Guy Dubois « La dégustation de patois » ; Pierre Delannoy et l’ensemble Renaissance « Canchons d’ichi et d’achteure » ;
- samedi 17 octobre à 16 h, la Compagnie du Reste-Ici « Et pis un jour… » : http://www.compagnieduresteici.biz ;
- samedi 17 octobre à 20 h 30, les Ballochards in foufelle à Beuvry ;
- dimanche 18 octobre, les Déplanches « Eun’ question d’héritache » à 17 h.
5 euros la place pour chaque spectacle ; 20 euros pour tout le festival.
Réservations chez René Selliez : 20, rue Debussy 62660 Beuvry
Chr. Defrance / Photo : Les Déplanchés
URL courte : www.echo62.com/actu2451
