Dans le cadre des Découvertes européennes mises en place par les organisateurs du Festival international du film d’Arras , « Felicia », projeté au remarquable Cinémovida, a retenu l'attention du public.
Stressant, étouffant, énervant. Ce film roumano-néerlandais de Razvan Radulescu et Melissa de Raaf a atterré toutes les filles de parents possessifs. Ils se sont reconnus. Avec la lenteur qu’on connaît et qu’on aime dans les films roumains, Felicia prépare ses bagages après deux semaines de vacances passées à Bucarest chez ses parents. Elle rentre aux Pays-Bas en avion. Entre sa mère qui ne cesse de la nourrir et son père qui dit qu’il va mourir, Felicia étouffe doucement. Le huis-clos est long, la valises et le repas aussi. Les détails, les petites injustices, les préférences de la famille s’exacerbent… et doucement le lait monte. Difficile de se parler, de se comprendre. Les réalisateurs ont concocté un enfermement pesant. La présence simple, concise et déliée de l’héroïne, interprétée par Ozana Oancea, fait glisser l’histoire avec naturel jusqu’au dénouement.
Marie-Pierre Griffon
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