Voilà, c’est parti. Le voyage a commencé. Il durera dix jours et croisera tous les paysages de l’émotion cinématographique. Le festival international du film d’Arras a ouvert sa onzième édition avec éclat au casino, aux côtés de l’incontrôlable Fabrice Luchini, du séduisant François Ozon, invités pour l’occasion, et « Potiche » qui a remporté l’enthousiasme du public. La traversée sera belle et comme chaque année inattendue. Cent longs métrages, cent quatre-vingts projections, cent invités prestigieux, des noms connus, d’autres qui vont l’être. Les maîtres à bord, Éric Miot et Nadia Paschetto, le Premier lieutenant, Daphnée Courbot, les vingt-cinq matelots salariés, les quarante mousses bénévoles devraient permettre aux milliers de spectateurs de réaliser la croisière la plus remarquable.
Les fidèles du festival ne ratent jamais la soirée d’ouverture. Elle brosse joyeusement le programme, soulève un coin des surprises préparées et offre quelques secondes des films qui seront projetés. Histoire de mettre l’eau à la bouche et l’émotion dans la poitrine. Histoire aussi de remettre dans l’oreille la musiquette qui introduit chaque projection et qui, réflexe pavlovien, à chaque fois fait battre les cœurs. Trois grands artistes seront mis à l’honneur. Deux réalisateurs majeurs, le cinéaste polonais Jerzy Skolimowski et Olivier Assayas, et une actrice immortelle Anna Karina. Ils donneront une master classe. À leurs côtés, Pierre Schoendoerffer, Jacques Perrin… mais aussi de nouveaux talents et des films venus du bout de l’Europe ou du bout du monde. « On est là pour vous faire découvrir des films » sourit Eric Miot. Ainsi, le plus grand film du cinéma muet portugais pour un ciné-concert. Ainsi la production de films réalisée sur la Révolution française et la vision dans les années 70 du monde futur. Depuis l’an dernier, le festival organise une compétition européenne. Neuf films sont réunis, totalement inconnus en France. Sur les près de quatre cents films visionnés, Éric Miot et Nadia Paschetto ont tenté une difficile sélection. Un Atlas d’or, décerné par un jury professionnel, et un Prix du public donneront aux lauréats l’aide précieuse qui leur facilitera l’accès au marché français. Les deux principaux films primés l’an dernier sortiront sur nos écrans. Gageons qu’ils auront autant de chance cette année.
Marie-Pierre Griffon
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