
Turbulence et effervescence cette semaine au collège Pierre et Marie-Curie de Liévin. Pendant deux jours, sur l’initiative de Culture commune – scène nationale, et avec l’aide de la Drac*, les artistes de la Cie HVDZ ont envahi les classes, dansé dans la cour, bouleversé le chalet préfabriqué, devenu théâtre. Pendant deux jours, en immersion, ils ont réalisé une photographie vivante de l’établissement. Précédemment, ils étaient au collège Jean-Jaurès de Lens, aux lycées Picasso d’Avion et Voltaire de Wingles. « C’est la première fois que nous travaillons aussi fréquemment avec des jeunes, se réjouit Guy Alloucherie, directeur de la compagnie. Nous avons rencontré énormément de chaleur, de convivialité, d’enthousiasme. Humainement, c’est très fort. »
Guy Alloucherie a inventé « les Veillées. » Ce sont des œuvres dans lesquelles la démarche est aussi importante que le spectacle ; dans lesquelles les gens, en l’occurrence les élèves, sont les acteurs principaux. L’homme et son équipe ont titillé la curiosité des collégiens en posant des actes artistiques ici et là, histoire de favoriser la rencontre, l’échange, le partage… Hervé a dansé dans la cour, dans les cours. Quand la communication a été établie, la compagnie a proposé aux collégiens, des questions sur l’art, le collège, la société... Elle les a photographiés en pied dans les couloirs aux perspectives sans fin, une façon de mélanger la vidéo et la photo, le vrai et le faux. Elle s’est attachée à leurs réponses multiples, pleines d’enseignement, à leur vision des adultes, du haut de leur adolescence. Une journée de travail, quatre à cinq heures de tournage puis une nuit de montage. Quand dort le monde, les artistes continuent de travailler. Résultat, le lendemain, un spectacle chaleureux, savoureux, audacieux. Vingt minutes d’instantané, de quête de sens et de poésie, avec la participation des élèves devenus comédiens lecteurs en live, et avec Hervé toujours, qui rape. Dans le public des cinq séances consécutives, les collégiens se sont reconnus, ils ont ri, crié… mais ont surtout appris qu’il existait une vision politique de l’art, et l’équipe enseignante, administrative, les personnels de l’établissement… qui ont découvert que les jeunes n’étaient pas que des élèves.
* Dans le cadre du programme ARTS (Arts rencontre territoire scolaire). L’action est menée conjointement avec l’Académie de Lille.
Marie-Pierre Griffon
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