
Froid, moi jamais ! Et rien à voir avec le Thermolactyl… mais plutôt avec l’histoire. Si nous grelottons en ce début d’année 2009, il suffit pour se réchauffer un peu de remonter le temps.
Il y a trois cents ans, le lundi 7 janvier 1709, débutait le « Grand Hyver ». Une vague de froid sans précédent qui marqua tous les esprits et dont les « traces écrites » sont nombreuses dans les archives. Ainsi le forum des généalogistes du Nord – Pas-de-Calais révèle qu’entre décembre 1708 et mars 1709, « une épidémie de suette a emporté au moins 40 000 habitants de la province d’Artois ». La suette étant une maladie infectieuse épidémique caractérisée par une forte fièvre et une transpiration abondante. Lors ce « Grand Hyver » (point culminant d’un petit âge glaciaire pour moult spécialistes), on releva une température de - 25 °C à Paris, « la Seine gela progressivement et la mer elle-même commençait à geler sur plusieurs kilomètres de largeur ! Au château de Versailles, Louis XIV attendait que son vin daigne bien dégeler près du feu ! Les oiseaux tombaient en plein vol, les animaux succombaient de froid au sein des étables et le prix du blé ne cessait de grimper. Tous les végétaux se mirent à dépérir, le sol gelant sur plusieurs mètres de profondeur… Partout en France on allumait de grands feux pour que les plus démunis puissent s'y réchauffer. »
Le dégel arriva en avril, toutes les récoltes étaient pourries. Louis XIV, alors âgé de plus de 70 ans, autorisa à semer à nouveau chaque parcelle de terrain. Les villes et communes taxèrent les bourgeois et les « riches » mensuellement pour pouvoir parer au plus pressé : la faim et le manque de nourriture. Tout le clergé en appela à la charité et à l'aumône. Hélas la famine se faisant ressentir, des émeutes et pillages commencèrent à avoir lieu dans tout le pays et les troupes furent envoyées dans toute la France pour empêcher les vols dans les boulangeries. Les paysans les plus chanceux étaient contraints de se nourrir de pain de farine d'orge, et d'une sorte de soupe populaire faite de pois, de pain émietté et de graisse animale...pour les autres, ce n'était que racines, fougères et mendicité, ce qui représentait une mort quasi assurée. Froid, faim, grandes épidémies durant l’été (typhoïde, dysenterie) : la France aurait perdu en deux ans (1709 et 1710) plus du quart de sa population : 810 000 habitants sur 22 millions. (Source : www.incapabledesetaire.com)
Alors, quelques degrés sous le fatidique zéro pour attaquer cette nouvelle année : pas de quoi se morfondre devant son radiateur poussé au maximum ! Et pas le peine de remonter à 1709 pour trouver du gel à pierre fendre, le site www.meteo59-62.com fait un point précis sur les hivers rigoureux les plus récents. Le mois de février 1956 fut le plus froid du xxe siècle sur le Nord - Pas de Calais avec une moyenne mensuelle des températures de - 6°C à Lille, où le thermomètre chuta à - 17.8°C le 21. Janvier et février 1963 furent aussi froids (- 17°), la Mer du Nord gelant plusieurs jours. Autres vagues de froid sur le Nord – Pas-de-Calais au milieu du mois de janvier 1982 ; en janvier 1985 : pendant huit journées consécutives ; et au début du mois de janvier 1997.
Chr. Defrance / Photo : x
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