La séance plénière d’installation du conseil régional Nord – Pas-de-Calais, au cours de laquelle Daniel Percheron a été réélu sans surprise à la présidence, a débuté avec trois quarts d’heure de retard hier au siège de Région à Lille. La faute à l’intense circulation et surtout à un camion couché sur le périphérique ce qui a provoqué une belle pagaille avec près de 70 km de bouchon dans la métropole lilloise. Même Alain Wacheux, élu du secteur de Bruay-La-Buissière, le dernier de la liste alphabétique, pressenti à la vice-présidence… aux transports, a mis plus de trois heures pour rejoindre l’hémicycle nordiste. Il sait ce qui lui reste à faire dans les quatre ans qui viennent !
À 10h45, alors que tous les élus n’étaient pas encore arrivés et que l’assemblée ressemblait un peu à une rentrée des classes animée, c’est à Paul Lamoitier, président en tant doyen d’âge à 73 ans et Stéphanie Kocas, 20 ans, la benjamine, tous deux élus FN, qu’est revenu la tâche d’ouvrir les débats. Le premier a évoqué « une région en souffrance, dévastée » et victime du communautarisme avant que la jeune élue frontiste n’écorche quelques noms lors de l’appel des conseillers régionaux, ce qui lui a valu quelques remarques, puis des sourires plutôt moqueurs.
Quelques instants plus tard, pour l’élection du président, trois candidats étaient en lice : Daniel Percheron (union de la gauche), Valérie Létard (majorité présidentielle) et Marine Le Pen (FN) sans surprise aucune, Daniel Percheron a été reconduit à son poste avec 73 voix sur son nom, 22 pour Valérie Létard et 18 pour Marine Le Pen (113 votants sur 113 inscrits). En quelques mots, le président a rappelé les grandes lignes de son programme précisant que « tout reste à dire, tout reste à faire, mais il faut le dire et le faire ensemble », non sans avoir évoqué la mémoire de Jean Jaurès pour « bâtir ensemble une partie du bonheur collectif des quatre millions d’habitants du Nord – Pas-de-Calais ».
Quatre ans d'exécutif
En quelques secondes, les membres de la majorité régionale ont ensuite compris qu’avec les élus du Front National « c’en est fini des mandats pépères avec des opposants béni oui oui ». « Vous allez devoir rendre des comptes sur tout » a martelé Marine Le Pen, en promettant « des lendemains difficiles ». Valérie Létard s’est dit elle aussi « prête à s’inscrire pleinement dans une démarche d’opposition » avec les élus de son groupe. Jean-François Caron (Europe écologie) a rappelé la volonté de son groupe de participer à l’exécutif régional alors qu’Alain Bruneel (Front de gauche) a demandé « des choix politiques déterminants », réclamant d’ores et déjà « une opposition officielle à la fermeture de la raffinerie Total de Dunkerque ». Enfin, Dominique Bailly (Parti socialiste) a rappelé le mandat passé et redit toute sa confiance en Daniel Percheron.
L’élection des membres de la commission permanente (43 membres plus le président) et des 15 vice-présidents, s’est faite dans la foulée. Après une suspension de séance, une première contestation de la part du FN et des corrections apportées à certaines délibérations, il a été décidé de donner les domaines de compétences des vice-présidents lors de la prochaine séance. Il était près de 15h45.
Les vice-présidents : Bernard Roman (PS 59), Myriam Cau (Europe écologie 59), Pierre de Saintignon PS 59), Catherine Génisson (PS62), Jean-Marie Alexandre (MRC 62), Delphine Bataille (PS 59), Emmanuel Cau (EE 59), Cécile Bourdon (PS 62), Wulfran Despicht (PS 59), Sandrine Rousseau (EE 59), Alain Wacheux (PS 62), Christine Batteux-Dehoux (PS 59), Jean-Louis Robillard (EE 62), Madjouline Sbai (EE 59), Philippe Kemel (PS 62).
Texte : Bernard Queste, photo : Jérôme Pouille
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