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| Philippe Savary, président de l'AILHF |
L’auditorium de la chambre de commerce et d’industrie de Béthune accueillait ce jeudi la journée cunicole régionale, organisée par l’AILHF (Association interprofessionnelle du lapin des Hauts de France) qui dresse là un bilan des actions menées, mais surtout celles à venir avec notamment la 2e semaine du lapin qui devrait se tenir fin mai. En dépit d’une situation économique morose, la motivation des différents acteurs de la filière n’est toutefois pas trop « entamée ». La politique d’incitation à la consommation de viande de lapin commence à bien s’organiser, mais la route est encore longue.
Première interprofession nationale, l’Association interprofessionnelle du lapin des Hauts de France tente depuis 1993, date de sa création, de développer une dynamique auprès des partenaires essentiels de la filière cunicole. Fabricants d’aliments, sélectionneurs, éleveurs, abatteurs et depuis 2008, la distribution, se fédèrent dans un souci de stimulation et de promotion de la production régionale. Dans une région cunicole forte -la 5e de France- tous ont la même idée en tête : mettre plus de lapin dans les assiettes, et du lapin régional autant que possible. Développer les animations chez les distributeurs, dire et répéter les qualités gustatives du rongeur, vanter ses vertus nutritionnelles, les actions à mener ou à renforcer ne manquent pas. Eric Widehem, producteur à Zeggerscappel, témoigne de l’intérêt des animations en magasin : « Si les consommateurs ne pensent pas à acheter de la viande de lapin, il faut régulièrement aller à leur contact pour créer du lien… et ça fait grimper les ventes ». « Par deux ou trois » estime Thierry Lirot, chef de groupe des produits carnés pour le groupe Auchan. Ce dernier regrette d’être diabolisé, la grande distribution est pour lui systématiquement montrée du doigt lorsque l’on évoque les difficultés d’un éleveur quel qu’il soit : « Nous souffrons clairement d’un manque de crédibilité aux yeux du consommateur, contrairement à l’éleveur qui lui a la bonne information et peut passer l’intégralité de son message. C’est un moteur pour la vente, même si nous devrions pouvoir le faire nous-mêmes ».
Essayez le lapin au barbecue !
Redonner l’habitude de mettre du lapin dans le caddy, Dominique Lecren, animatrice au Clipp (Comité lapin interprofessionnel pour la promotion des produits) sait sur quoi « appuyer » pour changer les mentalités : « Il y a une réelle volonté politique en faveur de l’équilibre alimentaire, le contexte est favorable. Nous devons insister sur le fait que la viande de lapin est peu calorique, riche en vitamines et en oméga 3 », avant de poursuivre « et n’oublions pas qu’il se prépare également au barbecue ! ». Ce sera d’ailleurs l’axe principal de la campagne radio à venir dans la région vers la fin du mois de mai. Une diffusion prévue durant la semaine du lapin, 2e du nom, coup de projecteur avant la période estivale, moment durant lequel le lapin ne se vend pas ou peu. Exit le lapin aux pruneaux ou à la moutarde, bienvenue au lapin grillé, en papillote ou au wok ! Tout est possible avec lui, même en été et pour modifier les menus dans les foyers, l’AILHF bénéficie d’une ambassadrice de choix, Pépé Le Mat qui n’hésite pas à prêcher la bonne parole sur les ondes de France Bleu nord dans son émission La Marmite. La chroniqueuse aura été l’auteure d’une intervention remarquée, lançant au passage une idée teintée d’humour « A quand le festival du lap’hein ?! ». Cependant sa bonne humeur ne masque en rien l’inquiétude des éleveurs, confrontés à la rude concurrence venue de l’Ouest et à la hausse du prix des matières premières.
2011 comme en 2007 ?
Une voix s’est élevée en fin de matinée, celle de Christophe Catteau, ancien président de l’AILHF et éleveur à Wattrelos : « Nous n’avons connu qu’une bonne première moitié d’année 2010, et 2011 s’annonce difficile, j’ai peur de revivre une année identique à 2007, avec le prix des céréales qui n’en finit plus de grimper. Cette année-là le nombre d’éleveurs a chuté de 15 %. Il faut bien comprendre que l’alimentation représente environ 65 % du coût de revient d’un lapin et le prix de vente n’est pas indexé sur le cours des céréales ». Conscient que la filière cunicole ne soit pas la seule à souffrir, Christophe Catteau tire néanmoins la sonnette d’alarme.
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