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| Sur cette carte postale, l'affluence d'antan à la foire de Saint-Pol (coll. Marcel Bayart) |
Samedi 13 mars 2010, moins d’une semaine après la clôture du Salon de l’Agriculture de Paris. Pour Saint-Pol-sur-Ternoise, ce sera un jour mémorable. Celui de la renaissance de la grande foire agricole de printemps qui drainait autrefois des milliers de visiteurs dans le centre-ville où marchés aux bestiaux ou aux grains et matériel agricole tenaient la vedette. Une manifestation tombée en désuétude il y a plusieurs décennies (malgré une tentative de résurrection avec la Fête des Terres en 1996), et que la municipalité souhaite relancer pour revaloriser l’agriculture et le terroir, sensibiliser le public au développement durable.
Dans un historique consacré aux foires saint-poloises (jusqu’à trois par an), Marcel Bayart évoque par exemple, à travers « La Gazette du temps », la journée du 16 mars 1903 où « en dehors des personnes venues en voiture ou pédestrement, on a pu compter quatre mille cent voyageurs arrivés par le chemin de fer ». Il souligne un peu plus loin que « les soixante-dix wagons chargés de bestiaux avaient amené sur nos places les échantillons des races bovine, ovine, porcine ». Des chiffres qui prouvent toute l’importance que revêtait la foire de Saint-Pol où l’on retrouvait aussi cette année-là une grande affluence au marché aux grains (actuelle place Lebel), des attractions foraines et même une imitation du musée Grévin.
Marcel Bayart rappelle aussi que sous l’ancien régime il y avait deux franches foires. La première le jour de la conversion de Saint Paul, soit le 26 janvier, la seconde le 6 juillet. Sous le Second Empire et jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale, les foires (en mars et en novembre) étaient encore très fréquentées. Celle de printemps était notamment appelée « El fête à bell’files et pis à laid’é vaques », signifiant par là que les ouvrières des champs n’avaient pas encore le teint hâlé et que les vaches étaient efflanquées. À l’inverse, la foire d’automne était « El fête à bell’é vaques et pis à laid’é files ».
Pour sa part, François Masse, lui aussi féru d’histoire locale, se souvient des foires qui s’étalaient « depuis le marché aux bestiaux (actuelle place Mitterrand devant l’hôtel des impôts) jusqu’à la gare, et depuis la place Leclerc jusqu’en haut de la rue des Carmes, c’est-à-dire les deux grands axes du centre-ville ». Il indique aussi qu’après la Seconde Guerre mondiale, il n’y a plus eu de d’exposition de matériel lors des foires, sauf pour le concours agricole en juin.
Une ferme à grande échelle
Pour ce retour aux traditions à l’occasion de la nouvelle foire agricole et rurale, Saint-Pol-sur-Ternoise va connaître une intense animation le samedi 13 mars. Le centre-ville va être envahi, de la place Pompidou à la place Mitterrand et du bas de la rue de Béthune au carrefour de la passerelle, avec l’installation d’une ferme à grande échelle. Les visiteurs y trouveront de quoi constater l’étendue de la richesse du patrimoine rural ternésien.
Ouvert par les Pères la Joie accompagnés des géants Piff et Paff, ce rendez-vous permettra à petits et grands de découvrir les animaux de la ferme et de la basse-cour, le concours de chevaux boulonnais, les produits du terroir, du matériel agricole d’hier et d’aujourd’hui, des jeux traditionnels ainsi que la wagonnette, un véhicule hippomobile de huit places assurant les promenades en ville.
Dans le même temps, la foire aux manèges battra son plein autour de l’hôtel de ville et l’on pourra déguster dans les restaurants les traditionnelles tripes, tête de veau et tarte au liboulli.
Du côté de la municipalité, on espère que l’évènement attirera beaucoup de monde et marquera vraiment le retour à la tradition d’une foire agricole chaque année.
Foire agricole et rurale de Saint-Pol-sur-Ternoise, samedi 13 mars 2010 toute la journée, dans le centre-ville.
Bernard Queste
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