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| Le canton de Fruges au pied du mur ! |
Un « vent nouveau » souffle sur la communauté de communes du canton de Fruges. Un vent capable de chasser les nuages sociaux et économiques ? Les élus locaux y croient dur comme fer, dur comme pale d’éolienne. Ces « moulins du XXIe siècle » que le canton a accueillis, contre vents et marées, donnent aujourd’hui une belle « farine » : 1,8 million d’euros de ressources propres. Les 70 éoliennes tournent – le chantier s’est achevé en juin 2009 – et la communauté de communes « retrouve des ailes » sur les plans économique, touristique et écologique.
Avec ces machines, avec la conviction du président de l’intercommunalité Jean-Jacques Hilmoine, avec le soutien des collectivités - Région et Département -, le canton fait un sacré bond en avant. Un triple saut en quelque sorte, marqué samedi dernier – le 11 septembre 2010 – par deux inaugurations et une première pierre.
Une friche réhabilitée
Rue des Digues, un bâtiment de stockage de 1 500 mètres carrés est devenu une maison de la solidarité, des services et de l’insertion. Maison où sont également hébergées cinq associations. « Une réalisation exemplaire » pour J.-J. Hilmoine : la réhabilitation d’une friche industrielle menée dans le cadre d’un chantier d’insertion de dix-huit mois avec l’association Cipres. Cette maison abrite une épicerie solidaire, un vestiaire solidaire ; elle regroupe les champs de la solidarité, de l’insertion, de la formation, de la prévention. Une opération de 521 726 euros : la communauté de communes a acheté les matériaux, Département et État ont financé la main d’œuvre, la Région a apporté son aide pour l’espace « info information ». « Il nous reste à renforcer l’isolation, changer la couverture et compléter le pôle NTIC », a précisé le président Hilmoine en se tournant vers Martine Clavel, la sous-préfète de Montreuil-sur-Mer qui sera sollicitée dans le cadre des fonds de dotation de développement rural.
Nouvelles technologies pour tous
Un peu plus loin, allée Georges-Pompidou, juste à côté de la maison de la petite enfance (ouverte en février 2008), la belle brochette d’élus présente à Fruges sous la conduite de Daniel Percheron et Dominique Dupilet a coupé le ruban de la maison de l’innovation et des jeunes. Baptisé Guy-Lyon, du nom du fondateur de la fédération départementale des foyers ruraux du Pas-de-Calais et de l’union régionale décédé il y a quelques semaines, cet espace est plus qu’un cybercentre : « un centre de ressources de nouvelles technologies », dit Philippe Plumecocq, vice-président de la CCCF. Deux salles de seize postes, la Wifi, des postes informatiques portables, un petit studio d’enregistrement portable lui aussi, du matériel vidéo haut de gamme ! Un espace ouvert aux jeunes comme aux aînés (ceux du béguinage par exemple) et qui sera « le noyau central » du dispositif Arctic en phase de finalisation avec le conseil régional : une mise en réseau totale et générale des institutions et des structures.
Une « belle réalisation » placée sous le signe du partenariat entre Région (35 000 euros), Caf de Calais (121 856 euros) et communauté de communes (377 121 euros). En ajoutant que la construction de ce complexe – maison de la petite enfance, salle polyvalente et espace Guy-Lyon – a coûté 1 436 868 euros (soutien du conseil général du Pas-de-Calais à hauteur de 94 326 euros, de la caisse d’allocations familiales avec 421 837 euros et du conseil régional avec 35 000 euros).
La bonne santé du milieu rural
Enfin, avenue François-Mitterrand, s’élèvera fin 2011 la maison de santé pluridisciplinaire (pluriprofessionnelle) dont la première pierre a été posée. Cette maison aura cinq médecins, huit infirmiers et infirmières, deux kinés, un dentiste, une diététicienne, un podologue, une orthophoniste… On pourra y consulter des spécialistes venus du Centre hospitalier de l’arrondissement de Montreuil, de la clinique des 7 Vallées. On y fera de la prévention (médecine scolaire, médecine du travail, etc.), de la formation (deux studios accueillant des internes de médecine générale), on y tiendra des permanences (sécurité sociale, mutuelles, maison de l’autonomie du conseil général…).
Jean-Jacques Hilmoine a insisté sur l’exemplarité de ce projet : « Il répond à la problématique posée par le diagnostic établi pour un territoire rural qui va d’Auxi-le-Château (qui a aussi son projet de maison de santé) à Fruges en passant par Hesdin et la clinique des 7 Vallées. » Exemplaire aussi par son mode de construction : une architecture novatrice sur 1 500 mètres carrés, aux normes HQE avec recours à la géothermie. Le budget s’élève à 4,1 millions d’euros, il était de 2 millions en 2008… La révision de la subvention de la Région (350 000 euros) a été demandée. L’État a été sollicité, le Département devrait donner son coup de pouce dans le cadre d’un prochain contrat territorial de développement durable signé avec la communauté de communes qui a acheté les terrains (95 000 euros) et participera à l’investissement.
Le docteur Didier Delette, qui suit l’expérience depuis 2006, a présenté le rôle de l’association locale frugeoise de développement sanitaire (ALFDS) qui pilotera la structure pour répondre à « deux paris essentiels : arrêter la désertification en créant des structures incitant des jeunes professionnels de la santé à s’installer en milieu rural, créer un mode d’exercice différent et le développement d’une politique de santé publique plus axée sur la prévention. »
Si les éoliennes du canton de Fruges produisent de l’énergie – 140 mégawatts -, elles en donnent aussi beaucoup aux élus locaux, aux acteurs économiques, sociaux. Le vent nouveau « décoiffe »… Et décoiffer ça signifie aussi surprendre, épater ! Jean-Jacques Hilmoine a indéniablement épaté ses collègues.
Texte et photos : Christian Defrance
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