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| Les invités autour de la table multitactile, une nouveauté très appréciée. |
En cette journée de Fête de l’Europe, dimanche 9 mai, le symbole ne pouvait être plus marquant pour la double cérémonie qui a mobilisé près de mille invités sur le site de La Coupole, centre d’histoire et de mémoire, à Helfaut, ouverte officiellement le 9 mai 1997. Il s’agissait en effet de lancer la nouvelle scénographie mise en place depuis fin mars et d’inaugurer le mémorial des fusillés et déportés du Nord – Pas-de-Calais où figurent, par ordre alphabétique, près de 8 000 noms de victimes, fruit d’un long et minutieux travail de recherche mené ces cinq dernières années.
À l’évidence, ceux qui n’avaient pas mis les pieds à La Coupole depuis quelque temps ont trouvé du changement. C’était bien le but des travaux d’un montant de deux millions d’euros réalisés de janvier à mars derniers sous la conduite d’Yves Le Maner, directeur de l’établissement et de Julien Duquenne, directeur d’exploitation, avec le concours artistique d’Arnaud Sompairac, un scénographe expert dans ce genre de présentation. Emmenés par un guide de luxe et très volubile en la personne d’Yves Le Maner, accompagné de Jean Wallon, président du conseil d’administration, les visiteurs, au premier rang desquels Dominique Dupilet, président du conseil général du Pas-de-Calais, l’un de ceux qui fut à l’origine de la création de La Coupole, ont pu découvrir les évolutions marquantes. Comme ces bruits de bombardements que l’on perçoit sitôt entré dans la galerie d’accès, le dôme dont l’impressionnant volume se fait mieux apprécier après la disparition de quelques éléments, l’épaisseur des murs mise en évidence grâce à une ouverture pratiquée dans la paroi (plus de 5 mètres). Jusqu’au V2 dont la tête est maintenant dirigée vers le bas « pour rappeler que c’était avant tout une arme terroriste dirigée vers les populations, particulièrement celle de Londres » a précisé M. Le Maner.
Technologies modernes
Parmi les nouveautés, on remarque aussi un éclairage théâtralisé, la présence de nouvelles technologies comme une table multitactile permettant notamment de visualiser un lieu avant et après un bombardement, la 3D sans lunette (Alioscopy)... sans oublier une évocation des 871 déportés du Train de Loos, la projection du film allemand de la construction de La Coupole (où les ouvriers russes prisonniers ne figurent), la reproduction à l’échelle de la bombe lancée sur Hiroshima...
En quelques lots, Jean Wallon a souligné l’excellent travail réalisé « avec des entreprises locales et régionales » pour donner un nouvel attrait à « ce lieu né de la Seconde Guerre mondiale qui œuvre pour l’Europe de la paix d’aujourd’hui », alors que le président Dupilet affirmait « avoir découvert un nouvel établissement, totalement fidèle à l’esprit dans lequel nous avons créé La Coupole ».
Un mémorial pour « plus jamais ça ».jpg)
Rejoints par Bernard Derosier, président du conseil général du Nord, les nombreux invités ont ensuite gagné le mémorial des déportés et des fusillés du Nord et du Pas-de-Calais, où les présidents des deux départements et Jean Wallon y dévoilant une plaque inaugurale. Il rend hommage aux 6 504 déportés internés dans les camps en Belgique et en Allemagne, 555 fusillés sans jugement, 688 juifs et 166 tziganes arrêtés par persécution morts à Auchwitz, 64 résistants tués contre les polices allemande ou française ou morts sous la torture dans les prisons du Nord – Pas-de-Calais. Un mémorial qui concrétise le travail du chercheur Laurent Thierry et d’Yves Le Maner, projet initié et porté par les deux conseils généraux et les associations patriotiques. Un mémorial inauguré ce 9 mai, 65 ans jour pour jour après la découverte des camps de concentration. Là encore tout un symbole et un intense moment d’émotion lors de la visite des lieux où les noms de toutes les victimes sont inscrits par ordre alphabétique pour ne pas faire de distinction. Où la composition artistique, notamment avec des murs de visages de plusieurs centaines de ces victimes, est l’œuvre de Saprophytes, un collectif d’artistes de la région.
Léonie Kosnieczka, rescapée des camps, entourée d’autres survivants, a exprimé toute la reconnaissance des DIRP (Déportés Internés Résistants Patriotes), « car vous êtes restés fidèles à la mémoire des survivants de 1945 », soulignant particulièrement l’engagement du président départemental, Robert Vansteenkiste, pour la création du mémorial. Ses paroles ainsi que les discours de MM. Derosier puis Dupilet, insistant tous les deux sur l’importance de se souvenir « pour ne plus jamais connaître ça », avaient été précédés par la prestation de deux musiciens du conservatoire de Saint-Omer interprétant trois œuvres symboliques de la journée, dont évidemment l’hymne européen, ode à la joie certes, ode à la paix surtout !
La Coupole, rue du Mont-à-Car à Helfaut, Tél. 03 21 12 27 27, site web www.lacoupole-france.com. Ouvert de 9h à 18h (10h à 19h en juillet et août).
Texte et photos : Bernard Queste
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