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| Valéry Brabant et l'un des vinaigriers parmi les cuves de fermentation. |
Il n’y pas loin entre le centre-ville et la Vinaigrerie de Carvin, tout juste quelques centaines de mètres. L’établissement créé en 1848 par Jules Duquesne était à l’origine une amidonnerie devenue ensuite vinaigrerie. Détruite lors du premier conflit mondial, elle a été reconstruite en 1919. Cette usine, qui a occupé jusqu’à plus de 200 personnes, fabriquait lorsqu’elle a été rachetée en 1963 par la société Amora-Maille, du vinaigre, de la moutarde et du picallily. Ces deux dernières productions ont été abandonnées en 1973 et 1987. Passée en 1980 dans le giron de BSN, futur groupe Danone, puis chez Unilever en 2000, l’usine a finalement été acquise en 2005 par le groupe familial Charbonneaux-Brabant, qui a créé la SAS Vinaigrerie de Carvin.
Aujourd’hui, l’établissement est toujours implanté au cœur de la commune, sur une emprise de 20 000 m2, dont d’immenses cuves de stockage que l’on aperçoit de loin. Avec un effectif ramené à 14 personnes, dont plusieurs vinaigriers chargés de l’élaboration du produit (maintien des bactéries à une température entre 28° et 30°, fermentation acétique, oxygénation des cuves…), ce sont quelque 24 millions de bouteilles de 1 litre ou 1,5 litre de vinaigre blanc (à partir d’alcool de betterave), de vin ou de vinaigre coloré qui sortent chaque année de l’usine carvinoise. Une production qui est allée croissante en 2009 car comme le précise Valéry Brabant, directeur administratif de Charbonneaux-Brabant, « le vinaigre bénéficie d’un regain d’intérêt. Il est peu cher, écologique et on peut tout faire avec, nettoyer les carrelages, détartrer les cafetières, raviver les couleurs, nettoyer les réfrigérateurs, etc. C’est le contre-exemple de tous les phénomènes marketing ».
Des investissements importants
Pas étonnant donc si le groupe a décidé d’investir dans le site. D’abord 2 millions d’euros sur deux ans pour changer la machine de soufflage de 18 000 bouteilles par heure (auparavant en PVC aujourd’hui en PET plus performant et plus écologique), le matériel de conditionnement et de palettisation, et pour installer la ligne de production d’un seul tenant sur toute la longueur des bâtiments. Jusqu’au quai de chargement où chaque jour se succèdent les transporteurs qui vont acheminer des milliers et des milliers de bouteilles de vinaigre vers leurs destinataires. Sachant que la majeure partie de la production concerne des marques de distributeurs.
La société a également entrepris pour 1,5 million d’euros de travaux de rénovation et d’embellissement consistant au changement de plusieurs cuves extérieures devenues presque noires, au nettoyage des autres grâce à l’acquisition d’une nacelle, au remplacement d’une partie de la toiture et à l’installation d’un récupérateur de vapeurs d’alcool.
Des aménagements pour que l’établissement reste bien inséré dans le paysage, signe que la Vinaigrerie n’a pas l’intention de quitter les lieux. Sur ce sujet, Valéry Brabant est très clair : « la vinaigrerie est un métier difficile, à faible valeur ajoutée. Si nous devions déménager, le coût serait trop important. Je rappelle que nous sommes une entreprise familiale qui préfère réinvestir dans l’outil de production et dans le réaménagement de l’usine ».
« D’autant plus qu’ici le personnel est très attaché à son outil de travail. La plupart ont un père ou un grand-père qui a travaillé à la vinaigrerie » insiste-t-il. « Chacun est autonome et tout le monde veut bien faire. Faut que ça tourne ! » ajoute le responsable technique de l’usine, lui-même en poste depuis plusieurs décennies.
Vinaigrerie de Carvin, 8 rue Pasteur, 62220 Carvin, Tél. 03 21 08 18 30.
Pour en savoir plus sur la fabrication et l’utilisation du vinaigre, consulter le site de Charbonneaux-Brabant : www.vinaigre.com.
Texte et photos : Bernard Queste
URL courte : www.echo62.com/actu2681
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