
Avec peu de protocole et beaucoup d’humour, Dominique Dupilet, président du conseil général du Pas-de-Calais, instigateur du prix Amila-Meckert, Jean-Bernard Pouy et l'association Colères du présent… ont remis le 5e Prix Jean Amila-Meckert sur la scène du théâtre d’Arras: « Les auteurs nominés sont : Maylis de Kérangal pour Corniche Kennedy ; Kossi Efoui pour Solo d’un revenant ; Caryl Férey pour Zulu ; Emmanuelle Heidsieck pour Il risque de pleuvoir ; Martine Sonnet pour Atelier 62… Le prix Jean Amila-Meckert est attribué à Zulu ! ».
« Un roman policier, mais c’est pas grave », sourit Jean-Bernard Pouy, félicitant un talentueux benjamin du roman policier qui l’appelle déjà Papy. « Entre dureté et sensibilité, un ouvrage qui montre la réalité des choses», a précisé le président Dupilet, récompensant d’un chèque de 4 000 €, le « meilleur » livre d’expression populaire et de critique sociale de l’année. En 2008, le prix avait été attribué à Olivier Adam pour À l’abri de rien qui évoquait la détresse des migrants. Cette année, cap sur l’Afrique du Sud pour un Série noire Gallimard témoignant des effets pervers de deux ou trois générations de colonisation aveugle puis de guerre larvée entre l’ANC et l’Inkatha. « Que connaissons-nous de ce pays ? » interroge Jean-Bernard Pouy. Les musiques de Myriam Makeeba ou du zoulou blanc Joh,ny Clegg, Mandela ? Rien n’est décidément simple, même la liberté et, sous couvert de fiction, Caryl Férey remet les pendules à l’heure. Une vraie colère du présent. « Des colères », a renchéri le président Dupilet souhaitant un 1er-Mai de mobilisation. Et, justement parce que nous sommes en période de crise, de réclamer plus de culture, plus de moyens pour celle-ci.
Légende : Domimique Dupilet remet le chèque au lauréat.
Jean-Yves Vincent / Photo : J-Y.V.
URL courte : www.echo62.com/actu2370
