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| Le carreau de fosse 11/19 à Loos-en-Gohelle. |
L’association Bassin minier uni pour la candidature au patrimoine mondial était présente, du 27 juillet au 4 août, à la 34e session du Comité du patrimoine mondial qui se tenait cette année à Brasilia. Des sessions annuelles à enjeux, puisque c’est au cours de ces dernières que le comité décide de l’inscription des biens sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Techniciens et élus de BMU ont donc assisté en qualité d’observateurs à la session brésilienne… et dressent dès à présent les perspectives de l’année à venir, à savoir la conception de l’évolution concertée d’un territoire.
Rappel des faits
Huit années que le projet prend forme. Depuis l’inscription en 2002 du bassin minier Nord – Pas-de-Calais sur la liste indicative de l’État français, jusqu’au dépôt par le gouvernement, le 25 janvier 2010, de la proposition d’inscription sur la liste du patrimoine mondial, les tractations, actions, auditions se sont multipliées. 2003, l’association BMU en charge du portage de la candidature et de la mobilisation des différents acteurs autour du projet est lancée.
Entre 2003 et 2005, les fondements de la candidature sont établis et un premier dossier servant de base à la collaboration avec les services de l’État en charge des candidatures est réalisé. De 2005 à 2007, la Mission bassin minier (MBN)* est chargée de la mise en œuvre d’un schéma de développement patrimonial à l’échelle du bassin minier, support de l’élaboration d’un plan de gestion pour le dossier de candidature.
L’inventaire hiérarchisé du patrimoine minier est dressé, les études historiques, paysagères et juridiques finalisées. Séminaires d’experts internationaux pour qualifier la candidature, colloques sur le territoire, publications, expositions, circuits de visite événementiels, spectacles… la mobilisation monte en puissance.
Septembre 2008, suite à la première audition de Daniel Percheron, président de Région et de Jean-François Caron, président de BMU, le Comité des biens français du patrimoine mondial valide les fondements de la candidature. La MBN est par ailleurs mandatée pour préparer les contractualisations dans le cadre du plan de gestion pour le dossier de candidature. Novembre 2009, le Comité des biens français du patrimoine mondial propose à l’unanimité au gouvernement français de déposer la candidature du bassin minier Nord – Pas-de-Calais. Janvier 2010 : c’est chose faite.
La candidature en chiffres
La candidature du bassin minier n’a rien de loufoque. Elle concerne un paysage culturel, un important territoire où se lit, aujourd’hui encore, l’activité minière à travers les installations techniques, les habitations, les paysages. Terrils, puits de mine, chevalements, cités ouvrières ou certaines églises ont été bâtis par et pour la mine. Ils témoignent de l’histoire de l’homme et du travail. Le dossier soumis à l’Unesco prend des allures de consécration d’une histoire, celle des mineurs et de toute une région.
Un dossier de 1 450 pages, avec 3 750 photos, 91 cartes, soit… 15 kg ! Le patrimoine proposé à l’inscription comprend 21 chevalements, 51 terrils, 54 km de cavaliers, 3 gares (Lens, Douvrin, Fresnes-sur-Escaut), 124 cités minières, 45 écoles et équipements de loisirs, 17 églises et chapelles, 21 équipements de santé de société de secours minière et 3 grands bureaux des compagnies minières (Lens, Nœux-les-Mines et Liévin).
Les chiffres se suffisent à eux-mêmes. Cent vingt kilomètres d’un paysage façonné par l’extraction du charbon, un bassin géologique qui a entraîné des migrations, développé des cultures qu’il convient de mettre en avant. Cette candidature va dans ce sens, elle est une reconnaissance. La décision est attendue pour juin 2011, moment où le comité intergouvernemental du patrimoine mondial se réunira à Bahreïn.
Tous derrière le projet
Le dépôt de candidature auprès de l’Unesco sonne comme une première victoire, mais la route est encore longue. Le dossier, une fois complet, sera soumis au Conseil international des monuments et des sites (Icomos) lequel fournira au Comité du patrimoine mondial des évaluations des biens culturels proposés. Le BMU aimerait imiter Albi et La Réunion, rentrés de Brasilia l’inscription en poche. En attendant, l’heure est à la mobilisation. Un exercice forcément difficile lorsque l’on sait que le territoire visé représente 4 000 hectares et concerne la bagatelle de 87 communes ! Prochaine étape décisive : la venue cet automne d’experts internationaux dans la région… une étape qui pourrait être décisive.
*Le conseil d’administration de la MBN est représentatif des principaux acteurs publics impliqués : État, Région, départements, intercommunalités et l’association des communes minières.
SR: www.echo62.com, photo: Ph. Vincent-Chaissac
URL courte : www.echo62.com/actu2829
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