
Coupure de ruban entre Charles Dickens et l’abbé Bouly, devant Philippe Hurepel, John Whitley et Blériot ! Cinq portraits – cinq superbes toiles – dans le hall d’entrée du château d’Hardelot inauguré ce mercredi 11 mars, après quinze mois de travaux. Il sera ouvert au grand public les 13 et 14 juin juin, prêt à jouer pleinement son rôle de centre culturel de l’Entente Cordiale. Musiques, arts plastiques, cinéma, photographie, etc. : le château d’Hardelot sera l’endroit où l’on « sentira la proximité de nos deux cultures » a souligné Dominique Dupilet, le président du Département du Pas-de-Calais en se tournant vers Paul Carter, président du Kent County Council. Un endroit susceptible de « créer une anglomania ».
Le conseil général a réalisé là une opération exemplaire. Ayant signé un bail emphytéotique de cinquante ans avec la commune de Condette (propriétaire depuis 1986), il a véritablement sauvé le château d’Hardelot, au cœur d'un domaine exceptionnel. Opération exemplaire donc, à plusieurs titres. Bonne idée tout d’abord de sceller dans la pierre les « bons » rapports entre la France et l’Angleterre, entre le Pas-de-Calais et le Kent « qui entretiennent des relations permanentes depuis vingt siècles et méritant d’être valorisées ». Bonne idée ensuite de faire de ce château un « ambassadeur » du développement durable : locaux chauffés au bois, récupération des eaux de pluie, toitures engazonnées, panneaux solaires thermiques et photovoltaïques pour l’approvisionnement en eau chaude. Bonne idée encore d’avoir confié la restauration des remparts à un chantier école.
Au cours de quinze mois de travaux « titanesques », le château (construit en 1848) a été complètement « déshabillé » et sa nouvelle « tenue » a été étudiée dans les moindres détails, de l’écran vidéo placé au-dessus de la cheminée jusqu’aux ascenseurs permettant aux personnes à mobilité réduite d’accéder aux caves. Un lieu « unique », selon Paul Carter, qui attend avec impatience les Jeux Olympiques de Londres en 2012, mais aussi, toujours en 2012, « l’année Dickens » ; Dominique Dupilet rappelant que le célèbre écrivain a « vécu vingt ans à côté du château » construit par John Hare sur l’emplacement du château-fort de Philippe Hurepel, racheté par John Whitley en 1860, cédé à l’abbé Bouly (le sourcier guérisseur) en 1934. Mais avant les JO et Dickens, le château d’Hardelot, centre culturel de l’Entente Cordiale, sera la piste d’envol de l’année Blériot baptisée « 2009, Franchissons le Pas… The Channel Hop ! » Concert en plein air devant le château, le 24 mai, avec Didier Lockwood et Mark O’Connor, présentation des objets de la collection personnelle de la famille Blériot en juillet... Une année pour faire du Pas-de-Calais le département le plus anglophile de France. Et du Kent le comté le plus francophile de Grande-Bretagne.
Légende : La magnifique bibliothèque du château d'Hardelot.
Texte et photos : Christian Defrance
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