« Vachement cool ! Trop bien ! » Les propos des conseillers généraux ont pris un sérieux coup de jeune quand l’assemblée départementale s’est penchée ce lundi 30 juin sur l’Agenda 21 du Pas-de-Calais. Un « Agenda du 21e siècle » qui veut placer notre département sous le signe du développement durable. « Fils spirituel du Projet stratégique départemental du conseil général tout en étant une déclinaison pratique de ce projet » selon Hervé Poher, vice-président, cet Agenda 21 – adopté à l’unanimité - se déclinera en 62 actions. Dans une démarche solidaire, responsable, durable, il concernera toutes les politiques départementales ; H. Poher insistant sur la notion de « transversalité ». Pour le conseil général, il ne s’agit pas de céder à un effet de mode écolo et tout bio mais de faire preuve d’originalité, d’inventivité, d’exemplarité pour aller vers l’écocitoyenneté et envisager l’avenir « au-delà » du réchauffement de la planète, de la crise énergétique, de la crise alimentaire… Les 62 actions tournent autour de trois axes : protéger la personne et son cadre de vie, favoriser l’épanouissement des habitants, valoriser le territoire, les initiatives du Pas-de-Calais. Et cela va de l’introduction de la clause sociale et des critères environnementaux dans les marchés publics à l’introduction de la qualité biologique dans les restaurants des collèges en passant par le covoiturage, la sobriété en matière de consommation de papier… Sans oublier la protection de l’eau potable, l’élimination des déchets ménagers ! Symbole fort du premier programme d’actions de l’Agenda 21 : le soutien apporté à la filière apicole, la participation à l’opération nationale « l’abeille sentinelle de l’environnement ». C’est Einstein qui prophétisait : « Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre »… L’Agenda 21 n’est pas un gadget et le conseil général du Pas-de-Calais estime comme l’a rappelé Hervé Poher « qu’il est important que tout le monde en prenne conscience ». Jean Wallon, président de la commission « agriculture et ruralité » enfonçant le clou en lançant à ses collègues : « Dans moins de 400 ans, il n’y aura plus un seul hectare de terre à cultiver en France ! Dans le Nord – Pas-de-Calais, 3 700 hectares disparaissent chaque année… »
Au cours de cette même séance plénière, les élus ont adopté « une augmentation considérable » en faveur des collèges : 125 millions d’euros sur les cinq prochaines années. Un plan sans précédent avec poursuite des reconstructions des collèges obsolètes, informatisation soutenue, développement des équipements sportifs, refonte des bourses départementales favorisant l’accès à la cantine… « Un engagement à haute valeur sociale ajoutée » devait souligner Alain Wacheux, président de la commission des finances.
Légende : « Bien manger, c’est le début du bonheur » dit la pub. Au conseil général du Pas-de-Calais, on acquiesce. Illustration au collège de Wimille où Dominique Dupilet a lancé, le vendredi 20 juin, l’opération « Manger autrement ». À travers l'action 27 de son futur Agenda 21, le Département souhaite introduire la qualité biologique et la saisonnalité dans les restaurations collectives de ses collèges. Certes, l’idée n'est pas nouvelle - plusieurs établissements organisent déjà des repas bios - mais il s'agit dorénavant de faire que ces déjeuners d'exception se généralisent. Dominique Dupilet : « Nous ne disons pas que l’on mange mal dans nos cantines mais nous avons la volonté de redonner au goût et aux saveurs toutes leurs places. On nous dit que les jeunes n’aiment pas les légumes et ne jurent que par les hamburgers et les frites. Faux, proposons-leur une nourriture plus en accord avec leur terroir et, vous verrez, ils se régaleront ! » L’opération « Manger autrement » sera expérimentée dans six établissements du 29 septembre au 10 octobre : Joliot-Curie à Auchy-les-Mines, René-Cassin à Lillers, Albert-Camus à Lumbres, René-Cassin à Loos-en -Gohelle, Diderot à Arras et Pilâtre-de-Rozier à Wimille. Si l’expérience s'avère concluante, les 113 collèges qui ont une cantine adhéreront à la démarche. Les autres structures de restauration collective qui dépendent du conseil général feront de même. Ce sera la révolution dans les assiettes. Un progrès pour Dominique Dupilet : « Si l’on veut être en accord avec nos politiques, notamment celle que menons en matière de santé, il nous faut agir. « Manger autrement », c’est une piste parmi tant d’autres pour favoriser le retour de l’alimentation équilibrée, naturelle et variée chez les jeunes. » Pour ce faire, le matériel devra suivre dans les réfectoires. Dominique Dupilet garantit que ce sera le cas : « Dorénavant, quand nous reconstruisons un collège, nous veillons à construire de vraies cuisines et non pas des espaces de réchauffement de plats préparés. »
Chr. Defrance / Photo : Conseil général du Pas-de-Calais
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