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| La visite du fort de la Crèche se fait avec un guide bénévole et passionné. |
Pour découvrir le fort de la Crèche, propriété du Conservatoire du littoral à Wimereux, il ne faut pas craindre le vent. Surtout si la pluie s’en mêle. Reste que la visite de cette ancienne batterie côtière est des plus instructives. D’autant que les guides, tous bénévoles, sont des passionnés, à l’image de Jean-Paul Bataille, intarissable sur le sujet. Quand en 1996, Robert Dehon, passionné par la Côte d’Opale, redécouvre le fort de la Crèche et ses blockhaus, plusieurs de ses amis, dont Guy Bataille, historien bien connu du Boulonnais, le poussent à entreprendre une action de sauvegarde qui donnera naissance, en août 2002, à l’Association du fort de la Crèche (AFLC). Un an plus tard, après les premiers travaux de nettoyage, quelque cent cinquante personnes sont au rendez-vous pour la première visite publique du site, lors des journées du patrimoine.
Depuis, l’association aujourd’hui présidée par Yves Laurenge, a redoublé d’efforts pour déblayer, sécuriser, restaurer différents endroits de ce vaste espace au si riche passé militaire.
Ne pas confondre !
Une précision s’impose. Le fort en terre, celui de la Crèche, ne doit pas être confondu avec le fort en mer, napoléonien, dont les fondations sont visibles à marée basse près de la digue nord de la rade de Boulogne. Celui-ci a été construit à partir de 1803, à l’identique de celui de l’Heurt au Portel, pour la défense du port. À ne pas confondre non plus avec les restes de bâtiments au pied de la falaise qui ont en réalité servi de locaux techniques lors de la construction de la digue. Et si les historiens supposent que les hauteurs de Terlincthun, position stratégique évidente, ont pu être occupées par les troupes de Jules César, on revient vite à Napoléon 1er qui y a fait édifier entre 1806 et 1808 une levée de terre ceinturée d’un mur de pierres. Une construction dont il ne reste rien de vraiment visible.
Après la défaite de 1870.jpg)
C’est en effet après la défaite de 1870 que le fort actuel a été construit selon la technique du général Séré de Rivières. Ce véritable Vauban du XIXe siècle a réalisé tout une série de forts enterrés (pour protéger la garnison des bombardements), sur les frontières de l’Est principalement, ainsi que des batteries plus modestes en taille.
À Wimereux, il est donc question d’une batterie côtière entourée d’un mur d’enceinte dont la construction a été achevée en 1879 (une date sur un linteau de la garnison en témoigne). Doté par la Marine nationale en 1931 de quatre canons de 75 et d’un puissant projecteur dirigé vers la mer, le site est modernisé à partir de 1935 avec l’installation de quatre canons de 194, la construction de nouvelles soutes à munitions et d’une usine pour un groupe électrogène… À partir de 1940, les Allemands l’occupent… Ils réutilisent de l’armement français jusqu’en 1944, rajoutent quatre blockhaus de casernement à proximité des encuvements, démantèlent trois des canons français et construisent des casemates pour en abriter de nouveaux
Au cœur de l’Histoire
Sur le papier ou à l’écran, c’est intéressant. Sur le terrain et avec les anecdotes des guides, c’est passionnant. Eux seuls (ils sont sept, dont des historiens, un militaire de réserve, un étudiant…, avec chacun leur façon d’évoquer les lieux) offrent aux visiteurs ces petits détails qui font le piment de la visite. Comme les marques de l’ancien pont mobile typique de ce genre de construction militaire, le couloir de circulation d’air qui entoure les sept alvéoles du casernement, les vestiges de l’ancienne caponnière (petite fortification permettant de protéger des défenseurs dont les tirs balaient un fossé) mise à jour l’été dernier lors d’un chantier de jeunes avec l’association Concordia, la présence d’anneaux aux murs des dortoirs pour accrocher les hamacs de la Marine nationale… Et puis, comment ne pas succomber à cette vue à 360° sur le Boulonnais et sur la Manche, jusqu’aux blanches falaises anglaises, qui justifie a elle seule la visite.
Un canon venu de la mer
Quelques curieux seront sans doute intrigués par un canon gisant sur l’herbe. Eh bien ce n’est pas du tout l’un de ceux qui équipaient la batterie côtière. En fait il n’a rien à faire sur terre puisqu’il provient du contre-torpilleur Chacal, navire français qui avait reçu l’ordre de tirer sur la batterie de la Crèche le 23 mai 1940. Mais dès le lendemain il avait été touché par deux bombes allemandes. Après avoir dérivé, le Chacal avait fini par s’échouer entre la pointe aux Oies et le fort d’Ambleteuse.
L’AFLC a obtenu l’autorisation du Conservatoire du littoral pour installer ce canon, témoignage de l’histoire du fort de la Crèche, à la condition qu’il soit dirigé vers les terres, c’est-à-dire dans le sens où il a réellement été mis en action depuis le Chacal. Pour la réalisation du socle nécessaire à l’accueil du canon, l’association devrait en principe recevoir une aide du conseil général du Pas-de-Calais, l’un de ses partenaires incontournables comme le sont également Eden 62, les villes de Wimereux et Boulogne-sur-Mer.
Le calendrier 2010 des visites
Pour les visites guidées, le rendez-vous est fixé à l’entrée du site, route de Terlincthun à Wimereux, à la barrière. Tarif adulte 2,50€, enfant 1€.
Rendez-vous à 14h30 : les lundis 29 mars, 12 avril, 10 mai et 24 mai, 7 et 28 juin, 5 et 26 juillet, 2, 9 et 30 août, 6 septembre, 25 octobre.
Rendez-vous à 10 h : les jeudi 8 avril, 1er, 8, 15, 22 et 29 juillet, 5, 12, 19 et 26 août, 2 septembre.
Rendez-vous à 15h : les samedis 17 et 24 avril, 15 mai, 19 juin, 17 juillet, 21 août, 18 septembre, 16 et 30 octobre, 20 novembre.
En dehors de ces dates, pour les visites des groupes, toute l’année, forfait de 15€ de 4 à 10 personnes plus 1,50 € par personne à partir de la 11ème.
Journées des villes fortifiées : samedi 24 avril de 15h à 17h, dimanche 25 avril de 10h à 16h.
Journées du patrimoine : samedi 18 septembre de 15h à 17h, dimanche 19 septembre de 10h à 16h.
Wimereux stratégique : promenade dans Wimereux, sur la digue et sur les traces des fortifications du duc de Croÿ, Napoléon, Séré de Rivières, Mur de l’Atlantique (rendez-vous à 10h devant l’office de tourisme), les samedis 10 avril, 22 mai, 12 juin, 24 juillet, 14 août et 11 septembre. Tarif adulte 3€, enfant 1,50€.
Association Fort de la Crèche (AFLC), BP 25 62930 Wimereux, Tél. 06 85 55 59 32, courriel contact.aflc@yahoo.fr, site web www.fortdelacreche.asso.fr
Texte et photos : Bernard Queste
URL courte : www.echo62.com/actu2689
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