Cerendac. Un « nom barbare » de l’aveu même de Julien Duquenne, le nouveau directeur – depuis le 1er mars 2011 – de La Coupole, Centre d’histoire et de mémoire du Nord – Pas-de-Calais. « Un nom imposé pour décrocher des crédits européens » précise Jean Wallon, conseiller général et président de l’EPCC (établissement public de coopération culturelle). Mais d’ici son ouverture à la fin de l’année 2012, le Centre de ressources numériques pour le développement et l’accès à la connaissance aura trouvé un nom de baptême plus accrocheur… Et pourquoi pas « L’ouvre science » ?
Tout simplement parce que « l’équipement » que le conseil général bâtit dans le prolongement de La Coupole est une formidable ouverture sur la science. « Nous donnons un aspect scientifique à un site historique qui vient de renouveler sa scénographie », explique le directeur. Une belle complémentarité entre science et conscience qui séduit Jean Wallon, enseignant dans l’âme, pédagogue et humaniste.
La Terre vue du ciel
Peu importe son nom : Cerendac ou « L’ouvre science » (en référence au Louve-Lens évidemment), il s’agira du premier planétarium « créé » dans le Pas-de-Calais (le Nord en a déjà deux). Une idée lancée en 2004 par Jean Wallon, très sensible à l’éveil scientifique des jeunes, entérinée par le conseil général qui, en février dernier a attribué la somme de 5,5 millions d’euros pour l’édification de la structure. Ce planétarium sera numérique : un nouveau système avec cinq vidéoprojecteurs projetant des images du ciel créées informatiquement par une batterie d’ordinateurs ; « l’outil le plus moderne et le plus attractif possible » affirme Bruno Decriem, responsable scientifique du service pédagogique de La Coupole. « On pourra aussi regarder la Terre depuis le ciel, découvrir Mars en relief, voyager dans une galaxie, plonger dans un trou noir ! » Sans oublier le « rayon vert et les farfadets ». Bruno Decriem va encore plus loin : projection d’images en temps réel, simulation de spectacles scientifiques comme un voyage dans le corps humain, visite virtuelle de sites antiques… « Oui, on pourrait », se réjouit cet agrégé de sciences physiques. Et les programmes de la Nasa en direct ? On pourrait aussi, avec une petite rallonge financière, avoir cette projection stéréoscopique… qui fait briller les yeux de Jean Wallon.
Planétarium durable
Ce Cerendac-« L’ouvre science » servira en outre de salle de conférence pour La Coupole, de salle d’archives. Espace hémisphérique de 900 mètres carrés sur deux niveaux, de 15 mètres de diamètre intérieur, d’une capacité de 134 places assises (dont cinq pour des personnes à mobilité réduite), en partie enterré dans le sol, ce planétarium possèdera un écran en aluminium. Le nec plus ultra. Le cabinet ABCISS Architectes, conformément aux vœux du conseil général très attaché à son Agenda 21, au développement durable, a prévu panneaux voltaïques, toitures végétalisées, chauffage par géothermie. Les travaux, juste à côte de l’entrée principale de La Coupole au niveau de la salle réservée aux scolaires, débuteront en avril, ils devraient durer quinze à seize mois. La partie projection proprement dite sera confiée à R.S.A. Cosmos, société basée dans la Loire qui compte plus de 150 planétariums autour du globe.
Le planétarium de La Coupole (dont le parrain est André Brahic, l’astronome qui a découvert les anneaux de Neptune) est très attendu dans l’Audomarois et dans le Pas-de-Calais : « il est essentiel pour le tourisme », dit Julien Duquenne ; « essentiel pour redonner aux jeunes le goût des matières scientifiques », ajoute Jean Wallon ; essentiel pour associer histoire et science, pour avoir les pieds sur terre tout en étant dans la lune.
Texte et photos : Christian Defrance
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