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| Très présent dans le Nord-Est de la France, le bouleau ouvre le bal des pollens. |
Le retour du printemps ne fait pas que des heureux. Dans la région comme dans l’Est du pays, la forte présence des bouleaux est synonyme de calvaire pour les personnes allergiques. Avec un peu de retard – du fait d’un hiver rigoureux – le très agressif pollen de bouleau gâche l’existence des sensibilisés. Christine Sauvage, allergologue à Lille, s’attache à expliquer que la rhinite allergique n’est pas une fatalité et que surtout, elle n’est pas à prendre à la légère.
Le terme est mignon. Chaton. Pourtant certains le haïssent, le craignent, car en ce qui concerne le bouleau, c’est bien cette inflorescence qui libère le pollen responsable des rhinites allergiques. Prurit, anosmie, rhinorrée, éternuements, obstruction nasale, gêne ophtalmique, les symptômes ne trompent pas, et contrarient considérablement le quotidien. Christine Sauvage, allergologue à Lille avertit : « L’allergie au pollen n’est pas à prendre à la légère. 20 à 30 % des rhinites allergiques mal soignées dégénèrent en asthme, et il faut savoir qu’aujourd’hui, l’asthme tue 2 000 personnes en France chaque année ».
Si les moyens pour soulager existent, ils ne sont pas suffisants. Les antihistaminiques, sont très efficaces, mais une fois arrêtés, l’allergie revient au galop. Quant aux corticoïdes, ils sont à prendre avec beaucoup de précaution, car néfaste à l’organisme. « Le corticoïde doit être inhalé, en somme utilisé de façon locale. Aujourd’hui, nous avons les moyens de nous attaquer à la cause de l’allergie, et ce de façon de plus en plus précise. »
Comment se soigner ?
Si l’on s’attarde aujourd’hui sur la question des pollens de bouleaux, c’est parce que d’une part, il est virulent (le plus allergisant de la famille des bétulacées) et que, d’autre part, il ouvre la saison des allergies au pollen, qui a cette année démarré avec un mois de retard. Se soigner est primordial car si le risque de souffrir d’asthme est fort, celui d’allergies alimentaires croisées l’est tout autant. Par ailleurs, les fortes démangeaisons des yeux poussent l’individu, l’enfant notamment, à se gratter avec force, ce qui peut causer d’irréversibles lésions de la cornée.
La seule solution, selon Christine Sauvage, la désensibilisation ou immunothérapie allergénique: « C’est un traitement de trois à cinq années qui donnent des effets positifs dès six mois. Le protocole est simple. L’allergologue commence un interrogatoire pour identifier le problème avant de définir la cible via des tests cutanés. Une prise de sang est également nécessaire. À partir de là, la désensibilisation peut commencer. Elle consiste à administrer du pollen de façon croissante afin d’habituer le corps. Il n’y a pas de crainte à avoir, c’est bien maitrisé, 100 % naturel donc sans produit chimique ». En injectable ou par voie sublinguale, le traitement ne visera que deux allergènes, pour une plus grande efficacité.
Que les allergiques se rassurent, des solutions existent, mais attention, impossible de se faire désensibiliser actuellement. Le traitement ne peut commencer qu’en hiver, moment ou le pollen est absent. En attendant, il faudra encore essuyer les attaques conjuguées des noisetiers, des troènes et des chênes, celle des graminées ensuite (herbes), des moisissures à la fin de l’été et des acariens enfin. Les poly sensibilisés sont invités à consulter.
A. Top, photo et illustration: Stallergenes
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