Tout le monde s’insurge, mais rien ne bouge. Bailleurs indélicats, marchands de sommeil, expulsions locatives, les termes dérangent mais existent, perdurent. La crise du logement n’est pas résolue, loin de là, le Nord – Pas-de-Calais n’échappe pas à la règle. C’est ce qui ressort de la présentation du 15e rapport annuel de la Fondation Abbé-Pierre sur l’état du mal-logement en France présenté en région à Lens ce vendredi.
Françoise Karamucki, adjointe aux affaires sociales à la ville de Lens, témoigne de la situation sur son secteur : « Nous avons 100 dossiers par semaine à gérer de familles qui peinent à se loger, à payer leur facture énergétique. La situation n’est pas simple, mais au sein de la communauté d’agglomération de Lens-Liévin, nous tentons d’aider les occupants modestes. » Lens n’échappe évidemment pas à la règle, puisque situé au cœur d’un bassin minier qui n’est pas au mieux en terme de niveau de revenu des ménages. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans le cadre du développement de l’action territoriale de la fondation Abbé-Pierre, un diagnostic préalable sur l’état du logement et du mal-logement dans la région a été demandé au Fors – recherche sociale. On peut y voir qu’en 2006, le revenu médian annuel était de 16 910 euros en France, 14 648 euros en Nord – Pas-de-Calais, 12 664 pour la communauté d’agglomération Lens-Liévin… cela se passe de commentaire. Non loin de la « problématique revenu », le mal-logement, une réalité dans la région.
Les enfants, victimes collatérales
Depuis l’été 2007, la Fondation Abbé-Pierre a mis en place une action de lutte contre l’habitat indigne dans la région, le programme « SOS taudis », qui a permis fin 2009 la prise en charge de 90 situations dites de taudis. L’action permet en effet de repérer et accompagner ces situations indignes, en mobilisant fortement les acteurs locaux. Il y a de quoi œuvrer, puisqu’en 2006, 3,2 % des logements de la région étaient en situation d’inconfort. Une amélioration par rapport à l’Enquête logement de 2001 (5,6 %), mais un taux demeurant au dessus de la moyenne nationale (1,3 %).
Ce qui inquiète les responsables de la Fondation Abbé-Pierre au moment de présenter leur 15e rapport annuel, c’est la progression croissante de mal logés en France. Trois millions début 2009, cinq cent mille supplémentaires un an plus tard… qu’en sera-t-il en 2011 ? On attendait des mesures fortes dans le cadre de la politique de relance… elles se font attendre, alors qu’il s’agit pourtant bien d’un enjeu central de la société française.
D’autant qu’il ne faut pas oublier que les enfants sont les victimes collatérales du mal logement. Des conditions indécentes qui contrarient leurs chances d’insertion sociale, leur cursus scolaire, leur santé. « Les enfants ne s’en sortent pas indemne » lance Marc Demanze de l’APSA (Association pour la solidarité active), et de poursuivre : « n’oublions pas que les bout de choux d’aujourd’hui seront demain des ados très en colère ».
Le rapport annuel 2010 sur l’état du mal-logement en France est disponible sur simple demande auprès de l’Artésienne, ZI de l’Alouette 62 802 Liévin – cedex.
Tél. 03 21 72 78 90
Contact : jkowalski@artesienne.com
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