
Peut-on condamner ceux qui fuient leur pays en guerre quand nos propres familles ont « évacué » à l’arrivée de l’ennemi, en 1914 et en 1940 ? Peut-on condamner ceux qui quittent la misère quand notre propre terre et notre charbon ont accueilli depuis toujours des Polonais, des Portugais, des Italiens, des Africains du Nord ? À Angres, à Norrent-Fontes, des Vietnamiens, des Érythréens qui ont ainsi fui leur pays, essaient de se cacher en attendant de rejoindre l’Angleterre. Ils se font discrets pour éviter qu’on ne les rafle.
Les bénévoles se font discrets eux aussi quand ils les soutiennent au quotidien. Voilà qui n’est pas sans rappeler les heures les plus sombres de notre histoire… Pour faire cesser les traques, pour expliquer leur colère et leur honte, les associations « Fraternité migrants » et « Terre d’Errance » ont décidé de marcher, de beaucoup marcher… Un peu comme le font ces exilés. Marcher. Marcher de la gare de Lens, où des migrants ont l’habitude d’arriver, jusqu’à la mairie d’Angres où, à deux pas de là, le camp des Vietnamiens vient d’être vidé, brûlé.
« Fraternité migrants » et « Terre d’Errance » lancent un appel solennel à la population du bassin minier, terre de toutes les solidarités, de toutes les fraternités, pour marcher, marcher avec elles… le samedi 3 octobre 2009, à partir de 15 h.
Rendez-vous à 15 h, départ du parvis de la gare de Lens ; à 16 h, départ du rond-point des Droits de l’homme à Liévin (près du commissariat) ; à 17 h, courtes prises de parole à la mairie d’Angres ; puis, moment de convivialité… Le retour aux points de départ sera proposé.
« Fraternité migrants » et « Terre d’Errance » regroupent toutes les sensibilités religieuses, laïques, politiques et apolitiques. Leur action est uniquement humanitaire.
SR : echo62 / Photo : J. Pouille
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