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| La couverture du roman de Léon Simon |
Pour Léon Simon (78 printemps), une nouvelle vie a commencé après 70 ans. Un canotier sur la tête pour chanter dans les maisons de retraite. Une souris (d’ordinateur) dans la main pour « mettre en forme » l’histoire des mines de Carvin ou ses souvenirs et « réflexions d’une carrière d’ouvrier des mines ». Il faut dire que Léon Simon, authentique Carvinois, « a passé quarante années à explorer tous les corps des métiers de la mine ! ».
Le fond à 14 ans – 1mètre 40 et 40 kilos ! -, puis un CAP d’ajusteur. Une bonne tête, bien faite, dont il se sert plus que jamais depuis qu’il a attaqué sa nouvelle vie. À sa belle collection d’ouvrages, Léon Simon vient d’ajouter un roman, ou plutôt une « autobiographie romancée ». Le titre ne fait pas rêver, « L’escalator pour avions », mais la prose du Carvinois vaut le détour. Il y a quelques décennies – « ça remonte à loin » dit-il -, notre mineur s’est retrouvé à Argenteuil chez Otis pour apprendre la construction des escalators ! « C’était tellement intéressant ! J’ai voulu mettre tout ça noir sur blanc et puis romancer un peu. » Du vécu pour une bonne moitié du livre où l’on découvre les dessous des fameux escalators. Léon écrit avec simplicité et précision ; il ne lasse jamais même quand il se lance dans les descriptions techniques et il séduit carrément quand il évoque les virées parisiennes du petit groupe de Chtis basé à Argenteuil. Cette autobiographie romancée, c’est aussi le moyen pour Léon Simon de revenir sur le grand regret de sa carrière professionnelle. « J’ai eu l’idée d’un escalator pour avion ! Très pratique pour les personnes âgées. On m’a promis un prototype puis l’idée est tombée à l’eau… On m’a mis des bâtons dans les roues ! » Bien sûr, l’escalator existe bel et bien « pour de vrai » dans le bouquin. Il est même le deuxième héros de l’histoire avec une prise d’otages qui se termine de façon étonnante au bout des 112 pages. Mais chut. Le suspense doit rester entier.
Pour la petite histoire, il faut savoir que les escaliers mécaniques sont arrivés en force dans les années soixante-dix. Incontournables dans les métros, les grands magasins… Le terme « Escalator » est en fait une marque déposée par Otis mais il est passé dans le langage courant.
Léon Simon n’est pas près de quitter cet interminable escalator qui le mène vers l’écriture. Il a dans ses « tiroirs » un livre sur « L’épopée du charbon » avec entre autres Mme De Clercq et l’ingénieur Mulot ; et des bouquins sur le musée Denis-Papin ou sur la construction de la plateforme de Dourges… Il a aussi récupéré le journal tenu durant la Grande Guerre par le père d’une cousine. La souris a du pain sur la planche. D’autant qu’elle doit « alimenter » le site Internet du « retraité » : http://leon.simon1.free.fr
Pourtant, Léon Simon fait grise mine de temps en temps… Quelques détracteurs le trouvent trop remuant, il leur répond simplement en chantant du Brassens : « Les braves gens n’aiment pas que l’on suivre une autre route qu’eux… »
On peut se procurer le livre (12 euros + 2 euros de frais de port) auprès de l’auteur : 8, place Gambetta 62220 Carvin
Contact : 03 21 37 98 12
Christian Defrance
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