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| Matthieu Bataille (kimono blanc) ce matin à l'entraînement avec Cyrille Maret. |
L’équipe de France de judo a débuté vendredi sa préparation pour les championnats du monde qui auront lieu fin août à Paris. Presque tous les judoka qui seront du rendez-vous ont établi leurs quartiers au Touquet et ont fait connaissance avec le dojo d’Etaples cadre des entraînements. Durant cette semaine de travail qui arrivera à échéance mercredi 29, l’accent est mis sur la préparation physique, musculation et footing… et un peu de technique.
Ça tombe bien pour Teddy Riner, blessé à la main, et qui ce matin a sué sang et eau pendant que ses camarades suivaient un entraînement plus soft mais en kimono, travaillant les déplacements et les kumikata. Parmi les membres de l’équipe de France, il en est un qui se sent particulièrement à l’aise : Matthieu Bataille qui a été formé à Etaples avant de partir au club de Levallois. C’est d’ailleurs en partie grâce à lui que l’on doit la présence de l’élite du judo français sur les bords de Canche, et aux membres de l’AS Etaples avec qui il est toujours en contact. Il n’est d’ailleurs pas si rare de le voir s’entraîner avec ses anciens partenaires sous la houlette de Patrick Bigot. Mais c’est la première foi qu’ il venait là officiellement avec l’équipe de France.
Comme tous les autres tricolores, Matthieu Bataille a désormais les yeux tournés vers ces championnats du monde dont on attend beaucoup dans le camp français. A un an des Jeux olympiques, ils sont idéalement placés pour faire le point sur les forces en présence et si la sélection ne se fera pas là, il est évident que les meilleurs auront pris un avantage psychologique. Matthieu Bataille, triple médaillé mondial, part sans pression dans l’ombre d’un Teddy Riner avec qui il est difficile de pouvoir rivaliser. Tirant dans la même catégorie de poids, les plus de 100 kg, il est à peu près sûr de ne pas franchir le Channel l’été prochain dans la mesure où, aux Jeux olympiques, il ne peut y avoir qu’un représentant par nation. Et comme il ne veut plus redescendre en moins de 100 kg où il ne se sent pas très à l’aise, les chances sont vraiment réduites de le voir aux Jeux où il avait d’ailleurs été malheureux à Athènes en 2004.
Mais Matthieu Bataille ne boude pas son bonheur… Blessé, opéré, il est visiblement très heureux d’être encore à ce niveau là, à 33 ans. Ce qui le motive d’autant plus dans sa quête d’une quatrième breloque mondiale, un an après être monté, à Tokyo, sur le podium aux côtés de Riner. Et même s’il se connaît quelque faiblesse, cela n’entame en rien sa débauche d’énergie à l’entraînement. La blessure lui a forgé un mental.
Texte et photo : Philippe Vincent-Chaissac
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